« Si l’Ukraine décide d’inviter des alliés sur son territoire, il n’existe aucune raison valable pour que la Russie s’y oppose », dit l’ambassadeur de France en Ukraine
Dans un entretien à l’agence de presse Interfax-Ukraine, mardi, Gaël Veyssière, l’ambassadeur de France en Ukraine, réaffirme l’engagement militaire et stratégique de la France en faveur de l’Ukraine. « Pour la France, l’Ukraine est une priorité majeure tout au long de notre présidence du G7 [depuis le 1er janvier]. Nous avons déjà décidé d’inviter le président Volodymyr Zelensky au sommet des dirigeants du G7 », rappelle l’ambassadeur. « La France estime qu’une Ukraine militairement forte est indispensable pour parvenir à une paix durable, juste et négociée en position de force », poursuit-il.
Concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, l’ambassadeur explique que « la France fournit (…) plus de 100 générateurs, pour une capacité totale de 13 MW ; la première livraison est attendue dès la première semaine de février. Parallèlement, de nombreux autres partenaires apportent également leur contribution ».
L’ambassadeur ajoute que « de nombreuses demandes ont été formulées. Elles concernent des pièces de rechange, des unités de production d’électricité, des générateurs de secours pouvant prendre le relais en cas de défaillance du réseau ou de coupure, la réparation du réseau lui-même, ainsi que des financements pour acquérir le matériel nécessaire le plus rapidement possible. Tout cela est pris en compte. Les besoins sont immenses et il faut naturellement du temps pour tout livrer, mais chacun peut mesurer à quel point la situation est critique et urgente ».
Concernant la coalition des volontaires, l’ambassadeur poursuit : « Il existe désormais plusieurs niveaux de garanties de sécurité dans le cadre de la coalition des volontaires, incluant le soutien à l’armée ukrainienne, la possibilité d’un déploiement de troupes dans le cadre d’un cessez-le-feu, ainsi qu’une assistance plus large. Des garanties de sécurité spécifiques des Etats-Unis sont également en cours de discussion avec l’Ukraine. Notre compréhension est que tout cela est solide et progresse ».
Selon lui, la France et le Royaume-Uni seront prêts « dès que les conditions seront réunies. La première et principale condition est un cessez-le-feu, et il faudra bien sûr une demande officielle de l’Ukraine ». A cela s’ajoute une condition essentielle : « La question restante est de savoir si la Russie est réellement déterminée à accepter une paix durable. » Il reprend : « La Russie n’a ni le droit ni la base juridique pour dicter ses conditions à un pays souverain comme l’Ukraine. Si l’Ukraine décide d’inviter des alliés sur son propre territoire, c’est un choix souverain qui lui appartient entièrement. Il n’existe aucune raison juridique valable pour que la Russie s’y oppose. »
Concernant l’aide militaire, Gaël Veyssière se refuse à fournir des chiffres précis sur les annonces concernant les avions de combat Rafale, les Mirage, les radars et systèmes de défense aérienne SAMP/T. Concernant les missiles Scalp – la France ne dispose pas de stocks très importants et leur production prend du temps – « nous faisons ce que nous pouvons », concède l’ambassadeur.
Il explique la raison pour laquelle la France ne participe pas au programme PURL [« Prioritised Ukraine Requirements List », créé en juillet 2025 et piloté par l’OTAN] : « Nous souhaitons naturellement que la plus grande part possible des fonds européens serve à financer des équipements fabriqués en Europe pour l’Ukraine », ajoutant que « la France travaille activement et en continu au renforcement de la défense aérienne de l’Ukraine ».
Enfin, en matière de production de drones, « celle-ci n’a pas encore pleinement commencé, notamment en ce qui concerne les sites de fabrication » mais « certaines entreprises françaises sont déjà actives dans le secteur des drones en Ukraine ».













