L’outil ressemble à une simple scie circulaire fixée à un bras articulé, mais, conçu en alliage de titane, il peut résister à la pression de profondeurs jusqu’à 4 000 mètres, soit deux fois plus bas que le plus profond des câbles sous-marins actuels. Les chercheurs d’un institut officiel chinois qui l’ont créé le présentent comme un instrument de « développement des ressources marines », mais il pourrait aussi s’avérer une arme redoutable dans une bataille de plus en plus évidente ciblant les câbles optiques posés au fond des océans.
Un article publié fin février dans une revue spécialisée chinoise, mentionné samedi 23 et dimanche 24 mars par le South China Morning Post de Hongkong, vante les spécificités techniques de cet appareil de 15 centimètres de diamètre conçu par le China Ship Scientific Research Center, chargé des programmes de submersibles de grandes profondeurs, un domaine dans lequel la Chine est en train de prendre l’avantage. L’équipe menée par un chercheur du nom de Hu Haolong vante les mérites de ce robot qui a vocation à être fixé à des sous-marins en eaux profondes. « Les résultats expérimentaux montrent que l’appareil électrique de découpe de câbles sous-marins peut réussir à couper des câbles renforcés sur un diamètre de 60 millimètres avec un taux de réussite qui atteint 100 % », lit-on dans l’article, photos de câbles endommagés à l’appui.
Cette démonstration de l’intérêt de la Chine pour la découpe de câbles intervient à un moment où les opérations de sabotage des télécommunications deviennent un moyen de déstabilisation, de la mer Baltique au détroit de Taïwan. Elles relèvent de ces tactiques dites « de zone grise » voire de « guerre hybride », c’est-à-dire d’attaques qui font la démonstration d’importantes capacités de nuisance mais qui, n’étant pas directement menées par les armées, permettent de démentir toute implication des Etats et laissent à la victime la responsabilité d’une improbable escalade.
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