La Chambre des représentants américaine a refusé jeudi 5 mars de limiter les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l’Iran, lors du vote d’une résolution. Le Sénat avait, la veille, également refusé d’adopter une initiative similaire.
Les élus ont rejeté, à 219 voix contre 212, un texte présenté par le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, qui obligeait le président américain à obtenir l’autorisation du Congrès avant de poursuivre la guerre contre Téhéran.
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Face à un président qui a étendu l’emprise du pouvoir exécutif sur le législatif depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, de nombreux parlementaires démocrates assurent vouloir réaffirmer l’autorité du Congrès, seul habilité par la Constitution des États-Unis à déclarer la guerre.
« Les républicains ont eu l’occasion de faire quelque chose qui aurait été extrêmement populaire : dire non à la guerre de Trump », a tonné Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, dans un discours prononcé jeudi devant la Chambre des représentants.
Retirer les forces américaines, « une idée terrible »
Mais si le Congrès est le seul habilité à déclarer la guerre, une loi de 1973 permet au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les États-Unis.
La résolution de la Chambre aurait demandé au président de retirer les forces américaines d' »hostilités non autorisées » en Iran, sauf si le Congrès approuve l’opération. Une ligne que les républicains ont refusé d’adopter, le président de la Chambre, Mike Johnson, l’ayant désignée comme une « idée terrible, dangereuse » qui « donnerait du pouvoir à nos ennemis ».
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Mais son collègue Thomas Massie, à l’initiative de la résolution, avait lui affirmé qu’elle permettrait de réaffirmer le rôle du Congrès. « Dans notre Constitution, le pouvoir de déclarer la guerre appartient exclusivement au Congrès », avait-il déclaré. « Le Congrès doit à nos militaires une mission clairement définie, afin qu’ils puissent rentrer chez eux, une fois celle-ci accomplie. »
Même s’il avait été adopté, le texte n’aurait probablement pas survécu à un veto du président, puisque deux tiers des voix dans les deux chambres auraient alors été nécessaires.
Avec AFP










