Depuis son lancement en 2003, la Colombo Fashion Week (CFW) a cherché à devenir à la fois un pôle de design sud-asiatique et une vitrine du développement durable. « Un objectif qui repose sur la conviction qu’une économie manufacturière peut aussi être un vecteur éthique de mode responsable », écrit The Hindu. Lors des défilés de la dernière édition, début avril, « cette vision tournée vers l’avenir était manifeste », poursuit le quotidien de Madras.
COURRIER INTERNATIONAL
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Au Sri Lanka, la plupart des créateurs locaux proposent des pièces uniques, produites en petites séries. L’île souffre d’un paradoxe : dotée d’importantes infrastructures pour la production textile, elle ne peut néanmoins offrir à ses propres créateurs un soutien suffisant pour développer leur activité. Au final, selon The Hindu, Colombo « fonctionne [ainsi] davantage comme un atelier de confection que comme un simple circuit de distribution ».
« L’industrie de la mode indienne bénéficie de plusieurs décennies d’avance et d’une population de plus d’un milliard d’habitants pour soutenir la demande intérieure, tandis que les 22 millions d’habitants du Sri Lanka commencent seulement à privilégier les produits locaux », ajoute le quotidien de centre gauche.
« Abondance » indienne contre « sobriété » sri-lankaise
La directrice de CFW, Fazeena Rajabdeen, affirme qu’environ 90 % des personnes soucieuses de leur style portent aujourd’hui des marques sri-lankaises, contre un pourcentage quasi nul il y a vingt ans. Au moment de son lancement, les participants à la Fashion Week portaient tous « une marque internationale pour assister à un défilé rempli de marques locales ».
« Si l’imagination de la mode indienne s’oriente vers l’abondance – ornements, broderies –, celle du Sri Lanka privilégie une sobriété à la fois moderne et profondément enracinée », poursuit The Hindu. Cette sobriété est vécue « comme une philosophie de conception plutôt que comme une limitation, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser ».
Le design sri-lankais se caractérise par une sélection rigoureuse et une esthétique épurée, directement liées aux autres exportations de l’île, comme son architecture tropicale moderniste aux lignes pures conçues pour optimiser la chaleur et la lumière. Dans le domaine de la mode, cette même logique se traduit par une approche plus sobre, un peu brute, « peut-être un peu moins adaptée aux exigences de la grande distribution internationale ». Et c’est cette authenticité qui fait tout le charme du pays.
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