Avec notre correspondant à Pristina, Louis Seiller
Des milliers de personnes ont manifesté mardi à Pristina, au Kosovo, pour soutenir les anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), actuellement jugés par un tribunal spécial siégeant à La Haye, aux Pays-Bas. Ce rassemblement intervient au moment où le procureur a requis de lourdes peines à l’encontre de ces figures historiques de la guérilla indépendantiste.
Les anciens responsables de l’UCK sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour des meurtres et des enlèvements visant des centaines d’opposants albanais, ainsi que des civils serbes et roms.
Sur la place centrale de Pristina, le slogan « Libérez les libérateurs » a été scandé par la foule. Drapeaux rouge et noir de l’UCK à la main, les manifestants sont venus exprimer leur soutien aux anciens commandants de la guérilla. Mentore Shabani, présente avec son fils, explique sa mobilisation : « Ils sont comme nos pères, ils nous ont tous aidés. On veut qu’ils rentrent chez eux, dans leur famille. Parce qu’ils ont fait beaucoup pour que l’on puisse profiter de cette indépendance que l’on célèbre aujourd’hui. »
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Une accusation « injuste », selon les manifestants
Les réquisitions, pouvant aller jusqu’à 45 ans de prison contre les anciens responsables de l’UCK, suscitent une vive indignation parmi les participants. Elham Shkreta, 40 ans, venu de Macédoine du Nord, dénonce une décision qu’il juge inéquitable : « C’est vraiment injuste. Car nous, on sait que la Serbie a commis un génocide au Kosovo. Ce sont les responsables serbes qu’il faut condamner à ces peines ou à des peines plus lourdes. Je vois qu’il n’y a plus de justice. »
Pour d’autres manifestants, au-delà du sort des accusés, c’est la légitimité même de la lutte pour l’indépendance du Kosovo qui est en jeu. Andi Bislimi, 21 ans, estime que le tribunal remet en cause l’ensemble du mouvement. « Ils ont été les commandants de l’UCK. S’ils sont condamnés, cela condamne toute l’organisation. Donc ce tribunal est injuste et sans fondements », souligne le jeune homme.
Les accusés doivent prendre la parole une dernière fois ce mercredi 18 février 2026. Le tribunal disposera ensuite d’un délai de trois mois pour rendre son jugement.
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