- Après deux films couronnés de succès au cinéma et lors des diffusions à la télévision, Kev Adams prolonge l’aventure « Maison de retraite ».
- La série de six épisodes, qu’il co-réalise avec Claude Zidi Jr., débute ce lundi 9 mars dès 21h10 sur TF1 et en streaming sur TF1+.
- « Sans l’apport de mes grands-parents dans ma vie, je n’en serais pas là aujourd’hui », insiste l’humoriste de 34 ans qui entend bien reconnecter les générations.
Ne le cherchez pas à l’écran. Kev Adams n’apparaît presque pas dans la série Maison de retraite
qu’il a pourtant co-écrite et co-réalisée. Arrêté par la police pour des raisons mystérieuses, son personnage Milann cède la gestion du foyer Lino Vartan à Adèle (Stefi Celma), nouvelle aide-soignante à qui les seniors vont donner du fil à retordre. La fiction reprend les ingrédients qui avaient fait le succès des deux films, forts de 3,5 millions de spectateurs en salles.
De l’humour bien sûr, son détonnant casting composé de Jarry, Daniel Prévost, Chantal Ladesou, Liliane Rovère, Michel Jonasz, Firmine Richard, Enrico Macias, mais surtout un regard tendre sur un troisième âge qu’on « laisse de côté encore trop souvent »
. Le choc des générations se poursuit avec l’arrivée de trois ados condamnés à des travaux d’intérêt général. Avant la diffusion des deux premiers épisodes ce lundi 9 mars à 21h10 sur TF1 et en streaming sur TF1+, Kev Adams nous détaille les raisons d’être de ce projet.
Ce n’est pas pour rien si cette histoire attire autant de monde. C’est parce qu’elle réunit tout ce qu’il y a de bon dans l’être humain
Ce n’est pas pour rien si cette histoire attire autant de monde. C’est parce qu’elle réunit tout ce qu’il y a de bon dans l’être humain
Kev Adams à TF1info
La première diffusion du film Maison de retraite
sur TF1 a attiré jusqu’à 7 millions de téléspectateurs il y a deux ans. Ça a été l’élément déclencheur de la série ?
C’est un mélange de plein de choses. La série est née d’une idée commune, Michel Jonasz nous l’avait soufflée aussi. Ça faisait surtout sens avec ce qu’on avait envie de raconter. On voulait prendre le temps de mieux décrire ces personnages et de vraiment rentrer dans leur intimité. Ce format s’y prêtait bien. Je crois que c’est avant tout une volonté artistique plutôt que celle de coller à un succès quelconque, même si on a eu la chance que les films, que ce soit au cinéma ou à la télé, connaissent des succès assez incroyables.
Au-delà de l’artistique, il y a l’humain. Enrico Macias dit être « touché »
par votre amour pour les personnes âgées. Quelle relation avez-vous avec vos propres aînés ?
Une relation très privilégiée. J’étais très proche de mes grands-pères, qui ne sont plus de ce monde malheureusement. Je suis aujourd’hui aussi proche que possible de mes grands-mères. On essaie de se parler au moins une fois par semaine et de se voir très régulièrement. Je crois qu’encore aujourd’hui, malheureusement, on vit dans une société qui oublie trop souvent ses anciens. On les laisse de côté encore trop souvent. Dieu merci, pas tout le temps ! Il y a beaucoup de familles et de maisons de retraite qui prennent vraiment soin d’eux, il faut le rappeler. Mais globalement, on a un problème avec nos anciens quand même dans ce pays. Si on n’arrive plus à dialoguer, à échanger et à apprendre de cette génération-là, ça signifie qu’on a un souci en tant que société.
La notion de transmission, c’est essentiel pour vous ?
Sans l’apport de mes grands-parents dans ma vie, je n’en serais pas là aujourd’hui. Ce qui me plaît dans Maison de retraite
, c’est qu’on défend cette transmission sans jamais moraliser le public. Il n’y a pas de côté donneur de leçon. On n’est pas là pour dire : « Vous faites mal, c’est comme ça qu’il faut faire »
. On est juste là pour dire : « Rappelez-vous, si vous passez du temps avec ces gens-là, vous risquerez d’y prendre plus de plaisir que vous le croyez »
. On a une génération de jeunes gens qui arrivent, dont je ne fais plus partie, qui n’ont plus grand-chose à échanger avec nos anciens, qui n’ont plus les mêmes centres d’intérêt ni les mêmes médias. C’est très compliqué aujourd’hui de demander à nos jeunes de créer du lien avec eux. Je trouve ça très triste. Le lien qu’on a avec nos anciens est un marqueur fort d’une société. C’est presque la manière dont on se traitera nous-mêmes plus tard. Il y a quelque chose, encore une fois, d’important dans le message qu’on essaie de faire passer au travers de nos histoires.
Ce message, c’est ce dont vous êtes le plus fier avec Maison de retraite
?
Oui, c’est ce message-là. C’est cette bonne humeur constante, cette volonté de se retrouver tout le temps, cette colonie de vacances incroyable qu’on a réussi à créer. Ce n’est pas pour rien si l’histoire de Maison de retraite
attire autant de monde. C’est parce qu’elle réunit tout ce qu’il y a de bon dans l’être humain. La générosité, la transmission, le vivre ensemble, l’anti-égo, l’humilité. Je crois qu’il y a tout ça dans cette série. Et c’est ce qui en fait quelque chose d’un peu particulier. Donc je suis très fier des équipes.
La transmission s’opère aussi hors caméra sur le tournage. Qu’avez-vous appris de vous en travaillant avec cette génération d’acteurs incroyables ?
La patience, déjà. Je suis quelqu’un de parfois très pressé dans la vie. J’ai appris qu’il faut savoir prendre le temps pour qu’un projet voie le jour et qu’il soit encore mieux que ce qu’on pouvait imaginer. Puis j’ai appris à ne pas avoir peur de vieillir. C’est quand même exceptionnel de vieillir ! On vit dans une société où tout fait peur quand on touche à la vieillesse. On vous vend tout pour la cacher, que ce soit de la teinture pour les cheveux, de l’anti-ride, de l’anti-âge. Quand on est au contact de personnes âgées toute la journée, on comprend que ce n’est absolument pas le cas. Que plus on vieillit, plus il y a des nouvelles phases de la vie qui vont arriver et qui sont tout aussi extraordinaires les unes que les autres. Je crois que la meilleure manière de vivre cette vie, qui est malheureusement souvent trop courte, c’est d’en célébrer chacune des étapes. C’est ce que j’ai appris à leurs côtés.
Il y a un truc un peu angoissant de constamment se dire : ‘J’ai fait ci, j’ai fait ça. J’ai eu la chance d’être là…’ Ce qui compte c’est ce qui arrive
Il y a un truc un peu angoissant de constamment se dire : ‘J’ai fait ci, j’ai fait ça. J’ai eu la chance d’être là…’ Ce qui compte c’est ce qui arrive
Kev Adams à TF1info
Il penserait quoi le jeune Kev qui prenait la pose avec son sac à dos pour l’affiche de son spectacle du Kev qui fait ses débuts de réalisateur avec sa série Maison de retraite
?
C’est une bonne question. Peut-être qu’il serait content, peut-être qu’il serait surpris. Je ne sais pas franchement. Je suis très fier de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, d’avoir eu autant de vies en une seule. Les films au cinéma, les spectacles… Mais je ne suis pas trop du genre à regarder en arrière.
C’est marrant de ne pas regarder en arrière mais de faire une série qui vous invite à regarder ce qui s’est joué avant nous…
On invite à regarder la vie de nos anciens, ce n’est pas pareil. Je pense qu’on a à apprendre de leur vie. T’as en revanche pas grand-chose à apprendre pour l’instant de la vie d’un mec de 34 ans. Je crois que ce qui est fait est fait et qu’on ne pourra pas le changer. Apprendre des expériences, c’est cool. Je crois l’avoir fait depuis tout ce temps. Je trouve qu’il y a un truc un peu angoissant de constamment se dire : « J’ai fait ci, j’ai fait ça. J’ai eu la chance d’être là… »
On s’en fout un peu, ce qui compte c’est ce qui arrive.
Ce qui est arrivé sur Maison de retraite
, c’est que vous êtes passé derrière la caméra pour la première fois. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans ce métier de réalisateur ?
Franchement ? Le plaisir que j’ai pris, moi qui ai toujours voulu être devant la caméra, qui ai voulu toujours être un peu le centre de l’attention – c’est un problème d’artiste ça d’ailleurs ! Je retiens le plaisir que j’ai pris à ne pas être à l’écran, le plaisir à voir la scène exister et évoluer comme je l’avais dans la tête, sans pour autant y exister en tant qu’acteur. C’était incroyable. Je crois qu’on me reverra dans cet exercice, ça c’est sûr.
On vous reverra d’abord prochainement dans le jury de « Mask Singer » sur TF1. Y aura-t-il également une troisième édition du festival « L’humour à la plage » ?
Oui ! Elle arrive cette année du 24 au 28 juin, avec toujours le gala pour TF1 et toujours plus de folie autour. Je suis très heureux. Il y aura beaucoup d’invités surprises. Je ne sais pas si les acteurs de Maison de retraite
viendront cette année mais c’est sûr qu’à un moment donné, on fera une édition de « L’humour à la plage » spéciale Maison de retraite
. On est obligés !
>> Maison de retraite
, la série – 6 épisodes de 52 minutes dès le lundi 9 mars sur TF1 et TF1+
>> Maison de retraite 2
– disponible sur TF1+












