- Ils se composent de sons doux et agréables ou délivrent une signification poétique et hors du commun.
- Ces quelques mots, parfois issus de langues anciennes, viennent de décrocher le titre des plus beaux du monde selon une célèbre application d’apprentissage des langues.
- Découvrez-les avec nous.
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Comment apprécier l’élégance d’un mot ? La beauté reste subjective. Certains locuteurs considèrent la pureté de sa sonorité. D’autres s’attachent à son sens poétique ou à la description d’un phénomène indéfinissable. Les uns préfèrent consacrer les mots intraduisibles à l’image du terme turc « yakamoz » qui signifie « scintillement argenté du clair de lune à la surface de l’eau ». De leur côté, les mots français « terroir » et « recroqueviller » ne se retrouvent pas vraiment traduits dans d’autres langues.
L’application de langues Babbel a réuni un jury composé de linguistes, écrivains et experts culturels internationaux pour partir en quête des plus beaux mots du monde. L’application se concentre davantage sur leur signification. Ils dérivent parfois de langues anciennes et d’autres fois de mots poétiques qui n’existent pas en français. Le jury a analysé les contenus de communautés en ligne internationales (Reddit, TikTok, forums linguistiques…). Ils ont ensuite constitué un catalogue de 223 mots issus de 75 langues, puis ont évalué chaque terme selon quatre critères : la sonorité, le sens, la rareté ou la singularité, et l’ancrage dans l’air du temps. Les spécialistes estiment les mots issus de langues minoritaires ou menacées « particulièrement porteurs de perspectives uniques ».
Le terme maori « kaitiakitanga » remporte ce concours imaginaire. Peu connu des Français, ce mot désigne « la responsabilité spirituelle de protéger et préserver la nature pour les générations futures ». « C’est un concept ancré dans une cosmogonie précise qui a su convaincre le jury, davantage qu’un mot plus consensuel. Il nous rappelle notre responsabilité de prendre soin de l’environnement et les uns des autres. Les répétitions sonores dans « Kaitiakitanga » ont pour moi quelque chose de circulaire, évoquant ainsi notre planète, ses cycles naturels et notre place en son sein”
, détaille Esteban Touma Portilla, professeur de langue espagnole chez Babbel.
Aura, saudade, kintsugi, ubuntu…
Quatre mots figurant dans ce classement circulent déjà en français. Le mot grec « aura » désigne le rayonnement, l’énergie ou l’atmosphère singulière qui émane d’une personne. La Gen Z apprécie particulièrement ce terme. La « saudade » (portugais) reste intraduisible en un seul mot dans la plupart des autres langues. Il s’agit d’une nostalgie profonde, à la fois douloureuse et joyeuse, de ce qui manque. Le mot japonais « kintsugi » se rapporte à l’art de réparer la céramique brisée avec de l’or en valorisant la fissure plutôt qu’en la dissimulant. Ce mot devient une métaphore de la résilience en valorisant la cicatrice. En zoulou, le vocable « ubuntu » évoque une philosophie de l’humanité que l’on pourrait résumer par « je suis parce que nous sommes ». Ce terme devrait parler aux fans d’informatique : il donne son nom au célèbre système d’exploitation distribution Linux.
Le mot grec « zéphyr » figure dans notre dictionnaire : il mentionne une brise douce, légère et rafraîchissante. Beaucoup d’entre nous, surtout les frontaliers, connaissent l’expression espagnole « ojalá » pour exprimer un espoir qu’un événement précis se produise. En revanche, seuls les linguistes les plus érudits maîtrisent la prononciation du mot d’origine yaghane « namihlapinatapai ». Très poétique, ce mot venant d’un peuple amérindien de la Terre de feu raconte un regard chargé de sens entre deux personnes qui souhaitent toutes deux entamer quelque chose sans oser le faire. Très positif, le vocable japonais « ikigai » évoque le but dans la vie qui donne la motivation de se lever chaque matin.
Quelques expressions se rapportent aux animaux. La locution ukrainienne « iriy » décrit un lieu mythique et chaleureux où, selon la légende, les âmes et les oiseaux se rendent en hiver. Difficile à prononcer, le terme finnois « poronkusema » élabore l’unité de distance traditionnelle qu’un renne peut parcourir avant de devoir uriner. À vous de vous faire votre idée !











