« On crée de la valeur, pas de la magie. » Joëlle Pineau résume ainsi le positionnement de Cohere, la start-up canadienne d’intelligence artificielle (IA) dont elle est devenue en août 2025 responsable de la recherche. L’ex-numéro deux de la recherche en IA chez Meta vient, comme le Français Yann LeCun en novembre 2025, de quitter le groupe de Mark Zuckerberg. La chercheuse canadienne prend soin de ne pas critiquer directement son ancien employeur, mais elle marque une prise de distance avec les discours sur la « superintelligence » ou une « IA générale » capable d’égaler ou surpasser les humains sur la plupart des tâches, revendiqués par les grands acteurs de l’IA, d’OpenAI à Anthropic en passant par Google DeepMind ou, désormais, Meta.
« Nous visons à développer une intelligence artificielle qui génère du retour sur investissement pour les entreprises, plutôt qu’une superintelligence », explique-t-elle, jugeant le concept d’IA générale « trop abstrait ».
Dans ce secteur très concurrentiel, Cohere est un petit acteur : 500 employés, 100 millions de dollars (environ 85,7 millions d’euros) de chiffre d’affaires annuel et environ 1,5 milliard de dollars levés. Mais c’est une des rares entreprises hors des Etats-Unis et de Chine à développer ses propres modèles d’IA, à l’image du français Mistral AI. Mme Pineau y a notamment rejoint le cofondateur Aidan Gomez, connu pour avoir coécrit en 2017, quand il était chez Google DeepMind, un article sur l’architecture technique sur laquelle se sont fondés les modèles de traitement du langage à l’origine du succès de services comme ChatGPT.
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