La topographie de la montagne est ainsi faite : pour atteindre les sommets, le chemin est souvent escarpé. Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) 2030 dans les Alpes françaises fait aujourd’hui face à un mur. L’organisation, présidée par Edgar Grospiron, est secouée depuis plusieurs semaines par des démissions en cascade. Dernière en date, celle de Bertrand Méheut, qui a quitté, lundi 2 février, la présidence du Comité des rémunérations (Corem), un organe indépendant chargé de rendre des avis sur les salaires, notamment ceux des cadres dirigeants. L’ancien patron du groupe Canal+ dénonce, dans un e-mail aux membres du Corem, « une dérive importante qui [le] conduit à douter du succès du projet, que ce soit en matière de délais et de coûts ». Et ne mâche pas ses mots contre Edgar Grospiron, dont il remet en cause les compétences de leadership.
A quelques jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina (du 6 au 22 février), la nouvelle a surpris. Elle renvoie surtout une piètre image d’un Cojop dont la cacophonie a résonné au-delà des Alpes. Le Comité international olympique (CIO) lui a enjoint, mardi, de « travailler en équipe, forte et confiante ». Les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, c’est l’histoire d’un projet mal né. Ficelé à la hâte à l’été 2023 sans consultation populaire, attribué un an plus tard par le CIO, le dossier se cherche, au lendemain de Paris 2024, une figure pour l’incarner. Un temps sur les rangs, le biathlète Martin Fourcade, le favori de l’Elysée, jette l’éponge début février 2025. Le skieur acrobatique Edgar Grospiron, sacré aux JO d’Albertville en 1992, se dit alors qu’il a les épaules pour y aller.
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