mardi, juillet 21

« Je reconnais les faits, être l’auteur de la disparition de mon épouse », a expliqué Cédric Jubillar, interrogé par une magistrate désignée par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne sur son passage aux aveux auprès de ses avocats. 

Après cinq ans et demi de silence et de dénégations, le peintre-plaquiste a suscité un coup de tonnerre judiciaire en reconnaissant, d’abord le 6 juillet dans un courrier, puis le 15 juillet face aux enquêteurs, « être à l’origine de la mort de Delphine Aussaguel », selon ses avocats Mes Guy et Pierre Debuisson.

« Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, je me suis couché vers 22h30, le petit et Delphine sont venus me faire un calin dans mon lit et je me suis endormi », a détaillé devant la justice l’homme de 38 ans.

« Je dormais mal depuis quelques temps, je me réveillais souvent la nuit et j’allais fumer une cigarette, car j’étais stressé, on parlait de divorce avec Delphine », a-t-il poursuivi.

« Je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi »

« Ce soir-là je me suis réveillé dans la nuit, je pense vers 1 heure ou 1h30 mais je ne pourrai pas être plus précis. Je suis allé dans le salon, et Delphine m’a tout de suite dit : ‘qu’est ce que tu fous la’. Je lui ai répondu: ‘qu’est ce que ça peut te foutre, comme tu as demandé le divorce, je n’ai plus de compte à te rendre' », a-t-il encore déclaré.

« Elle m’a montré son téléphone, en le brandissant vers moi, j’ai eu l’impression que c’était une photo d’elle un peu sexy, mais je n’ai pas bien vu », a continué Cédric Jubillar.

Puis la situation dégénère: « c’est parti en insultes, elle m’a dit: ‘t’es qu’une merde, un toxico de merde, je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi' ».

Cédric Jubillar a ensuite expliqué que son épouse lui a « dit quelque chose qui (lui) a fait péter les plombs: « maintenant je peux te l’avouer, j’en ai trouvé un qui me fait mieux l’amour que toi. »

« Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou, je l’ai serrée et je lui disais: ‘tais toi’. Je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte », a-t-il expliqué. « Il m’a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique. Je suis tétanisé ». 

« Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça »

Le peintre-plaquiste a ensuite évoqué la dissimulation du corps de l’infirmière de 33 ans. « Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu’ils allaient m’en vouloir, je me suis dit qu’il fallait que je la cache. »

« Je l’ai chargée sur mon épaule, et je l’ai déposée dans le coffre de la voiture », a-t-il poursuivi, expliquant avoir descendu la rue « au point mort pour ne pas réveiller les voisins ».

« Je ne savais pas où aller, je n’avais pas d’objectif précis (…) Je me souvenais avoir vu des monticules de terreau que j’avais vu avant dans le cadre d’un chantier. Je me suis dit que j’allais la mettre là-bas », a-t-il ajouté.

Des ossements découverts à proximité du domicile du couple

Après ses aveux, Cédric Jubillar a indiqué aux enquêteurs avoir caché le corps de son épouse en bordure d’un champ à une dizaine de kilomètres de leur domicile de Cagnac-les-Mines, près d’Albi. Des fouilles ont permis d’y découvrir des ossements, dont l’analyse a confirmé qu’ils appartenaient à la disparue.

Son procès en appel, prévu en septembre, a été renvoyé ce mardi 21 juillet par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne en raison de la poursuite de l’enquête après ses aveux, et devrait finalement se tenir au premier semestre 2027.

Article original publié sur BFMTV.com

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