- Devant une magistrate, Cédric Jubillar a donné sa version de la mort de son épouse Delphine Aussaguel.
- Il l’aurait étranglée pour « qu’elle se taise », lors d’une violente dispute dans leur maison du Tarn.
- Des éléments qui seront au cœur de son procès en appel, qui devrait finalement se tenir au premier semestre 2027.
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Disparition de Delphine Jubillar : les aveux de son mari Cédric, des ossements découverts
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Face à la magistrate de la cour d’appel, le 15 juillet dernier, Cédric Jubillar a raconté la nuit du 15 au 16 décembre 2020 dans leur maison de Cagnac-les-Mines (Tarn). Selon son récit, que révèle le procès-verbal de son audition détaillé par l’AFP, le couple alors au bord du divorce se déchire. Alors qu’il se réveille dans la nuit, une énième querelle éclate, raconte-t-il. Il y eut des « insultes »
, et cette révélation : Delphine lui annonce avoir un nouveau compagnon. C’est alors qu’il a « vrillé »
, selon sa propre expression.
« Je voulais qu’elle se taise »
« Je voulais qu’elle se taise. Je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré. Je lui disais
‘tais-toi, tais-toi, je t’en supplie, tais-toi’. Je voulais que ça s’arrête, qu’elle se taise. Je n’en pouvais plus »
. Il détaille sa façon de détourner le regard tout en étranglant la mère de ses enfants, jusqu’à ce qu’elle tombe inanimée.
Puis un enchaînement de décisions. La porter jusqu’au coffre de la voiture, se changer, saisir une lampe frontale, descendre la rue au point mort pour ne pas réveiller les voisins. Aurait-il prémédité son geste ? « Je ne savais pas où aller »
, assure-t-il à la magistrate. « Je n’avais pas d’objectif précis. Je me souvenais avoir vu des monticules de terreau (…) dans le cadre d’un chantier. Je me suis dit que j’allais la mettre là. J’ai creusé comme je pouvais »
, affirme-t-il. C’est là que, dès le lendemain de ces aveux, des fouilles ont permis de découvrir des ossements qui se sont avérés être ceux de Delphine.
À son retour dans la maison de Cagnac-les-Mines, il aurait jeté le manteau et les chaussures de sa victime dans la poubelle d’un voisin. Puis il se serait endormi quinze minutes. « J’ai alors réalisé que j’avais commis quelque chose d’abominable. Après, je me suis enferré dans mon mensonge »
, explique-t-il encore.
Que faire des aveux de Cédric Jubillar avant son procès en appel, dont on a justement appris aujourd’hui qu’il se tiendrait finalement au premier semestre 2027 ? « Il faut corroborer les aveux par des investigations. Il y a des précisions à apporter de la part de l’intéressé lui-même sur les gestes meurtriers qu’il a pu avoir »
, réagit Maître Laurent de Caunes, avocat du frère et de la sœur de Delphine Aussaguel.
Peut-être une reconstitution, des fouilles supplémentaires et des expertises psychiatriques seront-elles ordonnées. « Cédric Jubillar nous doit jusqu’à la dernière parcelle de vérité parce qu’il nous l’aura cachée pendant cinq ans et demi »
, estime Maître Laurent Boguet, l’avocat des enfants du couple Jubillar.
Ce mardi 21 juillet, la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne a renvoyé au premier semestre 2027 la tenue du procès en appel, en raison de la poursuite de l’enquête induite par les aveux de l’accusé. Le peintre-plaquiste de 38 ans avait été condamné en octobre dernier à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme disparue une nuit de décembre 2020, malgré l’absence de preuve ou d’aveux. Ce n’est que le 6 juillet dernier qu’il a reconnu pour la première fois, dans un courrier, « être à l’origine de la mort de Delphine Aussaguel »
, selon ses avocats.
La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Florence DE JUVIGNY, Alexandra GUILLET et Perrine MISLANGHE











