- Les personnes exerçant en profession libérale font face à des charges importantes et des revenus aléatoires.
- Vous pouvez vous retrouver en difficulté lorsque vous vous arrêtez de travailler pour des raisons de santé.
- Plusieurs dispositifs existent pour soulager vos finances.
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Les accidents de la vie peuvent tout aussi bien toucher les salariés que les personnes exerçant sous le régime de la profession libérale, des artisans, des indépendants, de la microentreprise ou des commerçants. Burnout, blessure physique, intervention chirurgicale, dépression… Mais contrairement à un salarié, un professionnel libéral ne bénéficie ni de maintien de salaire automatique par un employeur, ni des mêmes filets de sécurité (mutuelle obligatoire, remplacement, etc.), alors qu’il faut continuer de payer des charges professionnelles souvent très lourdes. Guillaume Rall, président du Syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs, confie à TF1Info que prendre soin de sa santé reste délicat pour les indépendants : « La réalité, c’est qu’aujourd’hui s’arrêter en tant que professionnel de santé c’est compliqué. »
Lorsqu’un certificat médical atteste que votre état de santé ne vous permet pas temporairement d’exercer votre activité, tournez-vous d’abord vers la caisse primaire d’assurance maladie. Vous pouvez percevoir des indemnités journalières après un délai de carence de trois jours. « Les professionnels libéraux y compris les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) sont concernés »
, détaille Ameli (nouvelle fenêtre) sur son site.
Pour pouvoir prétendre à une indemnisation, vous devez adhérer à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, justifier d’au moins douze mois d’affiliation continus dans votre activité. En 2026, l’indemnité oscille entre 26,33 euros et 197,51 euros bruts par jour. Elle se calcule sur la moyenne des revenus des trois dernières années, dans la limite de trois plafonds annuels de la Sécurité sociale (nouvelle fenêtre). Mais attention, la durée totale de l’arrêt ne peut pas « dépasser 90 jours ».
À noter que la sécurité sociale met également à disposition une « aide aux cotisants en difficulté »
. Elle permet, sous conditions, une « prise en charge partielle ou totale des cotisations sociales personnelles en cas de coup dur (problèmes de santé, sinistre ou baisse conjoncturelle). »
Au-delà, seule votre Caisse de retraite complémentaire (CARMF, CIPAV, CARPIMKO…) peut prendre le relais, sous conditions. Notez que ces organismes de prévoyance ajoutent des jours spécifiques de carence à partir du 91ᵉ jour. Elles imposent parfois d’expertiser l’incapacité totale d’exercer l’activité via le médecin-conseil de la caisse. Le montant forfaitaire ou proportionnel varie entièrement selon la profession et la caisse d’appartenance. Il s’élève à 55 euros par jour pour les infirmiers ou les kinésithérapeutes à la CARPIMKO par exemple, mais il varie selon les options et classes pour les médecins à la CARMF.
D’autres aides financières diffuses mais utiles
Sur le site de l’Urssaf, vous pouvez solliciter un étalement, un recalcul ou un allègement de vos échéances de vos cotisations professionnelles directement depuis votre espace en ligne. Si votre arrêt s’annonce long et impacte fortement votre bénéfice annuel, demandez une modulation à la baisse de vos cotisations provisionnelles. Vous pouvez également saisir l’Action sociale de l’Urssaf pour requérir une « Aide Financière Exceptionnelle » ou une prise en charge partielle de vos cotisations.
Vous pouvez également déclencher le dispositif Help : « Vous rencontrez des difficultés financières, médicales, familiales ou sociales, et vous ne savez pas à qui vous adresser ? «
Help
(nouvelle fenêtre) » est là pour vous aider ! »
Ce nouveau dispositif associe l’Urssaf, les Allocations familiales, l’Assurance retraite et l’Assurance maladie, pour favoriser un meilleur accès aux droits, aux soins et aux aides sociales des indépendants. En pratique, il faut répondre à un questionnaire unique en ligne. Une fois rempli, l’organisme local ou régional concerné par la demande étudie votre situation. Il détermine les actions à mettre en place pour vous aider.
Les professions disposent également chacune de leur dispositif interne. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, par exemple, tient une mission « d’entraide et de soutien »
. Elle permet l’octroi de « secours financiers exceptionnels »
avec un numéro vert joignable à tout moment. De son côté, la Commission surveillance et assistance de la profession des experts-comptables, également accessible via un numéro vert, vise à « détecter, analyser et résoudre des problématiques transversales touchant un confrère ou une consœur dans une situation délicate et mettre en place un process, pour accompagner et aider les experts-comptables en difficultés. »
L’association centrale d’entraide vétérinaire, l’association française de la famille vétérinaire et le fonds d’action sociale de l’Ordre des vétérinaires assistent leurs membres étranglés financièrement. Vous pouvez déposer un dossier de demande d’aide sociale : « Elles peuvent, sous certaines conditions qui leur sont propres, accorder des aides financières exceptionnelles »
. Fataliste, Guillaume Rall conseille néanmoins à ses élèves kinésithérapeutes de « prendre des prévoyances complémentaires pour éviter de se retrouver en défaut de paiement. »

