mercredi, août 5

  • Les œnophiles et autres connaisseurs refusent de boire la première bouteille venue.
  • Le droit de bouchon leur permet théoriquement d’apporter la leur au restaurant.
  • Mais dans les faits, cette possibilité reste peu appliquée.

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Tanin, moelleux, terreux, gouleyant… Les amateurs de vin ne manquent pas de termes pour décrire une bouteille. Lorsqu’ils se rendent au restaurant, certains critiquent les choix de la cave et d’autres les prix pratiqués. Ils n’ont pas toujours tort : les tarifs peuvent être multipliés par trois ou quatre par rapport à la même bouteille vendue chez un caviste, remarquent nos confrères de la Revue des vins de France (nouvelle fenêtre). Dans les restaurants, le vin peut représenter jusqu’à 50% des bénéfices du professionnel.

Peut-on éviter de potentielles mauvaises surprises en apportant sa bouteille avec soi ? Choisir un cépage (nouvelle fenêtre), son appellation favorite et le millésime idéal réjouit les amateurs. En théorie, le droit de bouchon s’applique dans les restaurants. Ce principe vient du monde anglo-saxon : le « Bring Your Own Bottle » permet de puiser dans sa cave et d’apporter sa propre bouteille de vin (nouvelle fenêtre) au restaurant. Beaucoup de sites Internet américains, canadiens ou australiens répertorient les établissements adeptes de cette pratique.

Ce principe existe en France même si aucune loi ne l’encadre. En contrepartie d’une somme fixée par le restaurateur, il vous autorise à déboucher une bouteille apportée par vos soins. Il s’agit de compenser son manque à gagner. Le prix englobe l’ouverture des bouteilles, le service à table, l’utilisation et le nettoyage des verres. Notez que ce droit de bouchon s’applique également à la bière (nouvelle fenêtre) ou aux spiritueux. Généralement, la somme demandée reste faible par rapport au prix affiché sur la carte : entre 4 et 15 euros par bouteille en fonction du prestige de l’établissement. Vous pouvez négocier son coût en fonction du nombre de convives autour de la table, conseillent nos confrères du Figaro (nouvelle fenêtre). Tout restaurant, bar ou café disposant d’une licence IV, permettant de vendre les boissons avec un taux d’alcool supérieur à 18°, peut pratiquer le droit de bouchon. 

Négociez votre droit de bouchon

Le Code général des impôts stipule que « toutes les boissons alcoolisées consommées dans un établissement doivent être précisément identifiées par une facture d’achat et un titre de mouvement : document simplifié d’accompagnement ou capsule, empreinte, et autre marque fiscale représentative des droits indirects ». De son côté, la jurisprudence considère que les boissons consommées dans un débit de boissons sont présumées avoir été fournies par l’exploitant. L’Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie conseille aux professionnels qui utilisent le droit de bouchon de faire signer un « accord de banquet dans lequel sont clairement mentionnés la catégorie et le nombre de bouteilles apportées par le client, ainsi que le montant des droits demandés par le professionnel ».

Certains professionnels estiment que le droit de bouchon permet de dynamiser la fréquentation de leur établissement. Mais beaucoup d’autres y voient un réel manque à gagner et ne communiquent pas sur ce droit, voire refusent de l’appliquer. En raison d’un ensemble de codes et de conventions, le droit de bouchon peine toujours à s’installer. Avant de l’imposer, contactez le restaurateur en amont pour connaître ses conditions. Si vous voulez déclencher le droit de bouchon, jouez franc jeu pour faire accepter l’idée au restaurateur, recommandent encore nos confrères du Figaro : « Expliquez au restaurateur les raisons pour lesquelles vous souhaitez venir avec votre propre flacon. Préparez votre récit : s’il s’agit d’un premier rendez-vous ou d’un anniversaire, et que cette bouteille revêt une valeur hautement symbolique, racontez votre histoire. Montrez-vous généreux sur la commande afin de ne pas risquer de passer pour un pique-assiette. »

On rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et est à consommer avec modération.

Geoffrey LOPES

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