Les habitants témoignent des conditions de vie très difficiles en ce moment. La Havane est mieux lotie que la province, mais même dans la capitale il n’y a souvent que 4 h de courant par jour, faute de carburant. Il n’y a de l’eau que deux à trois fois par semaine. Les poubelles s’accumulent dans la rue. C’est ce que dit cet habitant de 32 ans, père de deux enfants. Il a accepté de témoigner sans donner son nom : « On vit très très mal. Je ne vois aucun avenir ici. Tout le monde part, tout le monde veut partir mais c’est tellement cher. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là »
Sa femme a du se mettre à cuisiner au feu de bois plusieurs jours par semaine : « On part à 4 ou 5 voisins, et on va chercher du bois à la sortie de la ville, puis on le rapporte chez nous. »
Il travaille comme installateur de panneaux solaires. Mais lui n’a pas les moyens de s’en acheter, car il n’a aucun proche à l’étranger et ne gagne même pas assez pour manger à sa faim : « Vous croyez que c’est juste, que c’est normal de partir travailler le ventre vide ? Si je peux manger à midi, c’est parce que mon employeur me donne à déjeuner tous les jours. »
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« Le gouvernement a aussi une grande part de responsabilité »
Face à cela, on l’a vu ces dernières semaines, les Cubains ont organisé des concerts de casseroles très régulièrement, dans plusieurs villes du pays, pour protester contre les pénuries et contre les coupures de courant notamment. Mais la répression est forte. Un cousin de l’homme qu’on vient d’entendre a été condamné à 15 ans de prison après avoir participé à une manifestation l’an dernier.
Rien que la semaine dernière, il y a eu deux coupures de courant générales sur l’île, notamment à cause du blocus énergétique imposé par les États-Unis sur l’île. Un blocus qui est venu durcir encore l’embargo déjà en vigueur depuis six décennies. Cela a évidemment des effets réels sur l’économie de l’île. Mais pour Elian Perez, patron d’un institut de beauté, ça ne suffit pas à expliquer la situation actuelle : « Dès qu’il y a un problème à Cuba, ils disent que c’est à cause de l’embargo. Mais ce n’est pas si simple. Le gouvernement a aussi une grande part de responsabilité. »
Il considère que la situation est devenue intenable : « Il faut que ça se termine. Soit par le départ de ceux qui gouvernent actuellement, soit par une intervention états-unienne. Je ne soutiens absolument pas l’idée d’une intervention, j’espère que ça ne se produira pas, mais je pense que cela va arriver. »
Il craint pour sa famille et pour ses proches si jamais une intervention militaire a lieu à Cuba.
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