Après sept mois de recherche d’emploi et 500 CV envoyés, en vain, Leo (les témoins cités sous leur seul prénom n’ont pas souhaité donner leur nom) s’est mis à confectionner des ravioles dans sa cuisine à Buenos Aires. Farcies à l’aubergine et à la mozzarella ou à la viande, les pâtes fraîches étaient d’abord destinées à ses proches avant de devenir, en novembre 2025, une offre de livraison à domicile. « J’aime cuisiner et je cherchais un moyen de payer les factures. Vu que je ne trouvais pas de travail, j’ai dû me réinventer », raconte-t-il.
En mars 2025, le quadragénaire avait intégré un plan de départs volontaires dans l’administration publique, dans le cadre des coupes budgétaires administrées, depuis décembre 2023, par le président ultralibéral, Javier Milei, et qui ont supprimé plus de 60 000 emplois publics. Symptôme de l’époque, la sœur de ce cuisinier improvisé, fonctionnaire au pouvoir d’achat rogné – en baisse de 33 % pour les fonctionnaires publics nationaux en décembre 2025, en comparaison avec novembre 2023, selon l’Institut d’analyse fiscale argentin –, s’apprête à rejoindre la petite affaire, en complément de son emploi.
« Il y a des jours où je me dis que c’est un beau défi d’avoir un projet à moi. Et d’autres où je me remets en question : qu’est-ce que je fais à perdre mon temps, tout seul, devant mes pâtes, alors que mon but était de trouver un emploi dans mon secteur ? », confie ce diplômé de science politique, dans sa cuisine au style années 1970.
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