- C’est devenu un réflexe pour huit Français sur dix : consulter les avis en ligne avant de faire un choix.
- Les commerces, les restaurants et les hôtels, mais aussi les médecins font l’objet d’évaluation sur Internet.
- Cette pratique suscite un vif agacement au sein du corps médical comme l’explique le reportage ci-dessous.
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Le 20H
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Dans le cabinet parisien du docteur Emna Abassi, c’est désormais une habitude : elle lit tous les commentaires laissés sur Internet par ses patients. « Là, la patiente a écrit :
‘médecin qui a plein de disponibilités sur Doctolib et qui refuse les nouveaux patients âgés' », montre-t-elle devant la caméra de TF1. Après chaque consultation, elle a toujours ce même sentiment d’être notée et jugée. « Le principe même des avis sur Google m’agace. Le patient, quand il vient au cabinet médical, il ne vient pas pour consommer, il ne vient pas acheter quelque chose »
, s’indigne-t-elle dans le reportage visible ci-dessus.
Ces avis-là laissent à croire que la médecine est un commerce, un bien de consommation comme un autre.
Ces avis-là laissent à croire que la médecine est un commerce, un bien de consommation comme un autre.
Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML)
« Et le cas de ce médecin est loin d’être isolé »
, souligne le journaliste de TF1, Jean-Marie Bagayoko, qui s’est rendu à Vincennes, « où les cabinets médicaux sont très nombreux et où les patients n’hésitent plus à laisser des avis parfois très cinglants »
. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il suffit d’ailleurs de quelques clics pour tomber sur des dizaines d’avis négatifs. Aucun généraliste ni aucun spécialiste n’y échappe.
Alors les médecins peuvent-ils être évalués comme un restaurateur ou un artisan ? C’est précisément ce qu’ils contestent. « Ces avis-là laissent à croire que la médecine est un commerce, un bien de consommation comme un autre. Alors même que nous ne pouvons pas répondre à ces avis publiquement puisque nous sommes tenus par le secret professionnel. Donc, des avis, il en faut pour faire avancer la qualité du souhait. Évidemment, ça doit être des avis qui sont du domaine du privé avec une réponse qui reste en privé et une analyse des faits qui reste en privé »,
estime le docteur Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML).
Pour ne plus subir ces avis, certains médecins vont encore plus loin. C’est le cas du docteur Sandra Daninos, psychiatre, qui a tout bonnement fait disparaître sa fiche Google. « J’ai pris une société spécialisée pour faire partir la fiche Google »
, lâche-t-elle. Une décision radicale mais efficace. « Je trouve que symboliquement, moi, je ne suis pas une boîte de conserve. Donc on n’a pas à me noter »
, explique-t-elle.
Contacté, Google assure jouer les garde-fous, indiquant que les avis doivent reposer sur une expérience réelle. La plateforme affirme aussi supprimer les commentaires qui enfreignent la loi, notamment en cas d’insultes ou de diffamation.

