- Le diagnostic de performance énergétique (DPE) de votre logement est un indicateur indispensable.
- Notamment en cas de vente où il peut être un argument de poids dans la décision des acheteurs.
- Mais de plus en plus de certificats sont frauduleux, comme le montre cette enquête du JT de TF1.
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Le 20H
Véronique en avait des étoiles plein les yeux. Elle pensait avoir trouvé la maison de ses rêves pour sa retraite. « J’ai été séduite par son toit de chaume, l’exposition plein soleil, le coup de foudre. Méfiez-vous des coups de foudre, vous êtes toujours déçus »,
lâche-t-elle, dépitée, dans le reportage ci-dessus. Deux mois après avoir emménagé, l’achat de son bien est une désillusion. Avec l’hiver, Véronique comprend que sa maison est très mal isolée. « J’ai 12°C et il m’est arrivé d’avoir 9°C. Si j’avais su, je ne l’aurais jamais acheté, jamais »
, assure-t-elle. Car sur l’annonce, ce n’est pas du tout ce que disait le DPE, le Diagnostic de Performance Énergétique.
Classée C, c’est une bonne note pour une maison. Mais Véronique doute et fait faire un double diagnostic où elle obtient la note D, moins flatteuse. « Je suis dépitée. C’est moi qui dépense pour le nouveau diagnostic. C’est des devis que je fais faire »,
détaille-t-elle. La retraitée prévoit 40.000 euros de travaux en plus et en est sûre : elle a été victime d’une fraude au DPE. Sa maison aurait été surnotée par le diagnostiqueur pour faciliter la vente.
Demander un double diagnostic
Sur les réseaux sociaux, les journalistes de TF1 ont identifié plusieurs témoignages de ce type. À peine installés dans leur logement, des locataires s’interrogent par exemple sur les nombreux changements avant eux. « Faux DPE, chaudière qui fuit… »,
écrivent-ils. Un autre avance que « le DPE est classé D, mais c’est complètement faux ! La consommation d’électricité frôle les 400 euros par mois »,
dénonce-t-il. Lors d’une vente, le DPE doit être fourni. Il est aux frais du vendeur et coûte entre 150 et 300 euros.
Mais après votre achat, que faire si vous pensez que le DPE de votre bien n’est pas le bon ? Avant tout, il faut demander un double diagnostic avant un recours en justice où toutes les preuves seront essentielles. Selon Coralie Daven, ancienne notaire associée et experte en droit, « il faut absolument tout garder. Tout d’abord l’annonce, qu’elle soit émise par un professionnel ou sur un site dédié au particulier. Il faut aussi garder tous les échanges que vous avez eus avec le vendeur et évidemment le DPE qui a été annexé à l’acte de vente »
, indique-t-elle.
Les erreurs de diagnostic ou les DPE volontairement faux sont de plus en plus fréquents, selon la Répression des fraudes. Sur 450 diagnostiqueurs contrôlés il y a deux ans, 69% d’entre eux présentaient des anomalies. De son côté, le syndicat de la profession a identifié des techniques bien rôdées. « Ils ne se déplacent pas, ils vous appellent au téléphone. Ils vous disent :
‘vous avez un appartement de 35 m², décrivez-moi le logement’ et sans prendre de mesurages, sans s’être déplacés, ce qui est obligatoire. Je l’entends malheureusement souvent,
‘on file un petit bakchich et puis derrière on a une meilleure note, etc.’ Ça écorne la profession »,
déplore Fares Mouheb, vice-président du Syndicat des diagnostiqueurs immobiliers.
Les diagnostiqueurs sont contrôlés tous les sept ans pour renouveler leur certification. Il est primordial de faire établir un DPE par un professionnel certifié par l’État pour être dans les règles.












