Au début de ce mois de janvier, un fonctionnaire montre la voie dans les couloirs du département d’Etat, le siège de la diplomatie américaine, à Washington. L’homme invite à patienter dans une antichambre sous un tableau représentant une femme drapée de blanc, chassant les Indiens de leurs terres. L’œuvre, reproduction d’un classique de l’art américain du XIXe siècle, se veut une allégorie de la « destinée manifeste » des Etats-Unis à étendre leur empire.
« Hello, welcome. » Jacob Helberg, 36 ans, offre une poignée de main sans chaleur – et s’adresse à nous en anglais. Le français est pourtant sa langue maternelle. Le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires économiques est né d’une mère française, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). « Little valley on the Seine », comme il qualifie cette verdoyante et bourgeoise banlieue de l’Ouest parisien, qui l’a vu grandir. Il ne rejoindra les Etats-Unis, le pays de son père, qu’à sa majorité.
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