- L’armée israélienne a revendiqué ce dimanche la prise de la forteresse médiévale de Beaufort, dans le sud du Liban.
- Les ruines du château se trouvent sur un éperon rocheux surplombant le sud du Liban et une partie du nord d’Israël.
- Retour sur l’histoire de ce site emblématique.
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Moyen-Orient : un cessez-le-feu et des négociations mis à rude épreuve
L’armée israélienne a annoncé s’être emparée de la forteresse médiévale de Beaufort, dans le sud du Liban, où elle a étendu ses opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien. « Quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort et en ce jour de commémoration des soldats tombés lors de la Première Guerre du Liban (1982) »
, des soldats « sont revenus au sommet de Beaufort et y ont de nouveau hissé le drapeau d’Israël
« , s’est félicité le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dans un message posté ce dimanche sur sa chaîne Telegram.
بين وعود الشعارات وحقيقة الميدان.. هنا الخبر اليقين. جنودنا يكتبون بوقفتهم على قلعة الشقيف فصلاً جديدًا من العزة 🇮🇱🇮🇱 لا يبنى المجد بالخطابات، بل بوقع خطى الجنود. السيطرة على قلعةالشقيف ليست مجرد إنجاز عسكري، بل هي تحطيم جديد لرمزية غرور حزب الله الارهابي الذي هددنا بالوهن… pic.twitter.com/WCSlyLaZES — افيخاي ادرعي (@AvichayAdraee) May 31, 2026
Les ruines du château se trouvent sur un éperon rocheux surplombant le sud du Liban et une partie du nord d’Israël, ce qui en fait « l’un des points stratégiques les plus importants pour défendre les localités de Galilée et préserver la sécurité de nos soldats »
, a indiqué le ministre israélien de la Défense. Le site a également une dimension symbolique pour avoir servi de base aux forces israéliennes durant les deux décennies d’occupation du sud du Liban, comme le rappelle Thomas Misrachi, notre envoyé spécial, dans la vidéo qui accompagne cet article.
« C’est important à double titre. D’abord, parce que l’État hébreu avait pris le contrôle de cette forteresse en 1982 et n’avait quitté les lieux qu’au retrait d’Israël du sud du Liban en 2000
, rappelle Thomas Misrachi, notre envoyé spécial, dans la vidéo qui accompagne cet article. Et puis, stratégiquement, parce que cette forteresse se trouve sur une crête. Et de là, les Israéliens vont pouvoir dominer les localités qui se trouvent juste en dessous et un axe de transport et de soutien logistique aux lignes combattantes du Hezbollah dans le sud du Liban. »
L’un des exemples les mieux conservés de châteaux médiévaux du Moyen-Orient
L’un des exemples les mieux conservés de châteaux médiévaux du Moyen-Orient
L’Unesco
La citadelle fut le théâtre d’intenses combats entre l’armée israélienne et l’Organisation de libération de la Palestine en 1982, lors de l’occupation du Sud-Liban par Israël. Il a subi des « dommages majeurs »
durant les dix-huit années d’occupation, avant le retrait des forces israéliennes en 2000, indique l’Unesco. Vendredi 29 mai, le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, s’était dit inquiet du « sérieux danger »
auquel l’exposait l’offensive des forces israéliennes. La forteresse de « Beau Fort » est décrite par l’Unesco comme « l’un des exemples les mieux conservés de châteaux médiévaux du Moyen-Orient »
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Une citadelle datant de l’époque des croisés
La citadelle avait été construite par les croisés qui l’occupèrent au XIIᵉ siècle pour défendre le royaume de Jérusalem. « Dressé sur une crête rocheuse de 300 mètres d’altitude, dont l’horizon s’ouvre jusqu’à la mer, cet édifice militaire surplombe tout le sud du Liban et domine la route de Damas via le fleuve du Litani. C’est pour cette raison que les croisés avaient édifié la forteresse à cet emplacement, et aussi dans le souci d’assurer une protection maximale du site, ils ont taillé dans le roc du plateau le fossé qui entoure la forteresse sur ses trois côtés »
, décrit le quotidien libanais L’Orient- Le Jour
dans un article publié en 2000 (nouvelle fenêtre).
Le prince kurde Saladin assiégea la forteresse en 1189, et ce n’est qu’un demi-siècle plus tard, en 1240, que le château a été restitué aux Francs à la suite d’un accord avec le sultan de Damas. « Remis en l’état, il sera vendu aux Templiers en 1260. Puis, en 1268, le conquérant Baybars reprend la forteresse qui va par la suite tomber dans l’oubli. Il faut attendre la venue de l’émir Fakhr el-Dine, au XVIIᵉ siècle, pour que la citadelle soit partiellement restaurée »
, relate le quotidien libanais, qui s’appuie sur les écrits de l’historien Jean-Claude Voisin dans son livre Châteaux et églises du Moyen Âge au Liban
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Le château était resté debout jusqu’en 2006, date à laquelle les Israéliens l’ont détruit, selon L’Orient- Le Jour
. Les autorités libanaises ont engagé par la suite des travaux de restauration. En novembre 2024, après l’invasion terrestre du Liban par Israël, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture avait accordé une « protection renforcée provisoire » – le plus haut niveau d’immunité contre toute attaque ou utilisation à des fins militaires – à trente-quatre sites patrimoniaux du Liban, dont Tyr et le château de Beaufort. Le mois dernier, trente-neuf autres sites emblématiques ont été ajoutés à cette liste.











