Jamais les pilotes et les officiers de renseignement de l’armée israélienne n’avaient mené une opération d’une telle ampleur, et il faut remonter des décennies dans la mémoire de l’armée de l’air américaine pour trouver un équivalent. Depuis cinq jours, les deux armées déploient une puissance colossale contre le régime iranien. « Ils sont cramés », affirmait, mercredi 4 mars, le secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, en vantant ce rouleau compresseur opérationnel, sans cependant clarifier l’objectif de l’administration Trump.
Dans une posture viriliste et explicitement cruelle, M. Hegseth donnait encore « quelques jours » à l’armée pour maîtriser le ciel iranien – d’autres voix officielles évoquaient « quelques heures ». Une fois cette domination établie, l’Etat hébreu et les Etats-Unis auront toute liberté pour poursuivre la course qu’ils mènent, depuis le 28 février, afin de détruire les lanceurs et les usines de missiles de l’Iran, et de briser ses capacités de riposte, avant que l’armée américaine estime avoir par trop dégarni ses stocks de munitions.
Selon M. Hegseth, il n’y a pas là d’enjeu, puisque « nous pourrons utiliser des bombes à gravité de précision guidées par laser de 500, 1 000 et 2 000 livres [jusqu’à environ 900 kilos] ; nous en avons un stock presque illimité », y compris contre des cibles politiques à Téhéran. Ce qui pose de sérieuses questions sur le nombre de victimes civiles que cette administration est prête à assumer, elle qui prétend, certains jours, « libérer » le pays, en convainquant la population de se soulever contre le régime après-guerre.
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