La dévastation de Golshifteh Farahani. Alors que la contestation en Iran continue et que l’on ignore encore le bilan exact des victimes du régime, l’actrice iranienne en exil s’est livrée à cœur ouvert dans une tribune au Monde, publiée vendredi 16 janvier. Pour la première fois elle a pris la parole sur le massacre ordonné par le régime des mollahs depuis le débute du mois de janvier.
Dans ce long texte, l’égérie des femmes iraniennes en lutte dit la douleur de son peuple et son combat depuis plus de 47 ans sous la coupe de la République islamiste. Appelant à la fin du régime, elle n’espère toutefois pas une intervention des États-Unis qui, selon elle, n’ont aucun intérêt à le faire.
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« Dévastée », Golshifteh Farahani rappelle tout d’abord que ce sont justement les Américains qui ont renversé le chah d’Iran en 1979, celui-ci voulant augmenter le prix du pétrole et « faire de son pays une superpuissance ». « Ils l’ont laissé tombé de la pire des manières. Puis la révolution a été volée par les mollahs », dénonce-t-elle. L’enfer n’a fait que continuer depuis.
Ne rien espérer de Donald Trump
L’artiste en est certaine : « Donald Trump ne viendra jamais sauver le peuple iranien ». Pour elle, les grandes puissances comme les États-Unis, la Chine et les pays voisins ne font que discuter. Pas pour débarrasser le pays des bourreaux, mais pour « avant tout d’éviter que le régime islamique mette le feu à la région », car ils ont besoin du pétrole.
« Ils ont besoin que l’Iran reste entre les mains des mollahs. Ils préfèrent un pays stable dirigé par des pirates à un pays libre qui menacerait de devenir puissant », assure Golshifteh Farahani qui résume une triste réalité : « tout est une question de marché et d’argent. »
Les pays nucléarisés « se partagent les pays “non nucléaires”, mais ne se font pas la guerre entre eux. À la place, ils créent des conflits dans les zones grises : Taïwan, Ukraine, Venezuela… Et l’Iran », analyse-t-elle.
« Qui se soucie des 12 000 personnes tuées en seulement deux jours ? »
Mais dans tout cela « qui se soucie des 12 000 personnes tuées en seulement deux jours ? », s’interroge l’actrice, citant le bilan du média d’opposition Iran international. « L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord ? La France ? Les hérauts des droits de l’homme, qui ont mis la moitié de l’humanité à feu et à sang ? »
« L’objectif est de prendre. Prendre les ressources. Prendre la dignité. Prendre l’histoire des peuples. Les États-Unis sont les premiers à agir ainsi. Vous voulez la sécurité ? Donnez votre argent, vos terres, vos ressources. Européens, donnez votre Groenland. Vénézuéliens, donnez votre pétrole », assène Golshifteh Farahan.
L’actrice de 42 ans a été obligée de fuir en 2008 à l’âge de 25 ans, notamment à cause de la censure exercée par le régime en place, et les services secrets iraniens. « J’étais accusée de coopérer avec la CIA pour détruire l’image de mon pays, rappelait-elle en 2024 auprès de franceinfo. Mais il n’y a pas de frontière dans l’art. »
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