L’Union européenne a annoncé, jeudi 29 janvier, avoir sanctionné plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’intérieur et des dirigeants des gardiens de la révolution, à la suite de la répression meurtrière des manifestations en Iran ces dernières semaines.
D’après une liste publiée au Journal officiel de l’Union européenne, sont notamment sanctionnés le ministre Eskandar Momeni et le procureur général de l’Iran, Mohammad Movahedi-Azad. Y figurent aussi le chef de la police, Seyed Majid Feiz Jafari, et plusieurs dirigeants des gardiens de la révolution, organisation considérée comme le bras armé de la répression qui a fait des milliers de morts.
Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’Union européenne et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept. Selon un communiqué du Quai d’Orsay, cette décision de sanctions « entre en vigueur aussitôt ». De leur côté, les autorités iraniennes n’ont pas réagi pour l’heure.
Organisation terroriste
L’Union européenne pourrait également décider, dans la journée de jeudi, d’ajouter les gardiens de la révolution en Iran à sa liste des organisations terroristes, en réponse à la répression « la plus violente » de l’histoire récente iranienne. « Si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel », a lancé la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, peu avant le début d’une réunion des ministres des affaires étrangères des Vingt-sept à Bruxelles. « Je m’attends (…) à ce que nous convenions d’inscrire les gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes », a-t-elle ajouté.
La France avait annoncé, mercredi, qu’elle était désormais prête à prendre sa décision, levant ainsi un des principaux obstacles à son adoption. « Il ne peut y avoir aucune impunité pour les crimes commis », a affirmé le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, à son arrivée à Bruxelles, jeudi.
De son côté, l’Iran a mis en garde contre des « conséquences destructrices » si l’Union européenne décidait de cette inscription, qui pourrait cependant n’avoir qu’un impact limité, les gardiens de la révolution faisant déjà l’objet de sanctions européennes.














