Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est parti dimanche 15 février pour Genève où les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis doivent se poursuivre, a annoncé son ministère dans un communiqué.
Selon le ministère des Affaires étrangères, ces discussions « indirectes » se tiendront mardi sous la médiation du sultanat d’Oman, où avait eu lieu une première session le 6 février, et doivent porter sur le nucléaire iranien.
En amont des discussions, Israël, allié des États-Unis et ennemi de l’Iran, a appelé dimanche au « démantèlement » de la capacité d’enrichissement d’uranium de Téhéran.
Abbas Araghchi a quitté la capitale iranienne « pour Genève (…) à la tête d’une délégation diplomatique et technique afin de mener le deuxième cycle de négociations nucléaires et de tenir une série de consultations diplomatiques », a précisé son ministère.
Il devrait s’entretenir avec ses homologues suisse et omanais, ainsi qu’avec le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, et d’autres responsables internationaux, selon cette source.
Les États-Unis et l’Iran avaient repris des pourparlers le 6 février à Oman, salués par les deux parties qui avaient dit vouloir les poursuivre.
Cette session était la première depuis l’interruption des précédentes négociations en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.
Les États-Unis avaient également bombardé des sites nucléaires iraniens.
Après la répression du mouvement de contestation en janvier en Iran, le président américain Donald Trump a multiplié les menaces d’une intervention militaire, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, portant notamment sur le programme nucléaire iranien.
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Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.
Prêt à un compromis
États-Unis et Iran divergent sur la teneur des discussions.
L’Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu’il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.
Sur l’aspect nucléaire, le Premier ministre israélien a indiqué que « la première condition » pour qu’un accord soit conclu entre les États-Unis et l’Iran, « est que tout le matériel enrichi doit quitter l’Iran ».
Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à Téhéran de prendre en charge ce stock.
« La seconde condition est qu’il ne doit y avoir aucune capacité d’enrichissement, il ne s’agit pas simplement d’arrêter le processus d’enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d’enrichir l’uranium », a ajouté Benjamin Netanyahu.
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Dans une interview à la BBC publiée dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à un compromis concernant son stock d’uranium hautement enrichi si Washington levait les sanctions qui pénalisent l’économie iranienne.
L’uranium enrichi à un taux très élevé (90 %) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.
Avec AFP











