- Depuis douze jours, un mouvement de contestation secoue à nouveau l’Iran.
- Selon une ONG, au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début des protestations, lancées initialement contre la vie chère avant de prendre un tournant politique.
- Une foule a malgré tout afflué à Téhéran jeudi soir, tandis que le réseau Internet a été coupé dans tout le pays, selon une association.
Douze jours de contestation, et un bilan déjà vertigineux. Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début de la mobilisation en Iran (nouvelle fenêtre) fin décembre, selon un nouveau bilan jeudi 8 janvier de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Cette mobilisation, initialement liée à la vie chère, s’est depuis élargie à des revendications politiques (nouvelle fenêtre) et défie le pouvoir, accusé de tenter d’étouffer la protestation par la force.
« La répression s’étend et devient chaque jour plus violente »
, a affirmé le directeur de l’ONG, Mahmood Amiry-Moghaddam, ajoutant que « des centaines »
de personnes avaient également été blessées et plus de 2.000 arrêtées. Mercredi a été la journée la plus meurtrière de ce mouvement, avec 13 manifestants tués. Les médias iraniens et les autorités ont pour leur part fait état d’au moins 21 morts depuis le début des manifestations, dont des membres des forces de l’ordre, selon un décompte de l’AFP.
Un « usage illégal de la force » selon Amnesty International
Les ONG rapportent un usage de gaz lacrymogène dans plusieurs localités pour réprimer les protestations (nouvelle fenêtre), ainsi que des tirs à balles réelles, notamment à Kermanshah et Kamyaran, également dans l’est, où plusieurs personnes ont été blessées. À Abadan (ouest), une femme a été visée par un tir directement dans l’œil lors d’une manifestation mercredi soir, selon IHR. Pour Amnesty International, un « usage illégal de la force »
a été observé depuis le début du mouvement. « Les forces de sécurité iraniennes ont blessé et tué »
des manifestants mais aussi de simples témoins de ces événements (nouvelle fenêtre), d’après l’organisation.
Un policier iranien a par ailleurs été poignardé en « participant aux efforts destinés à
contrôler des troubles
(nouvelle fenêtre) »
près de Téhéran et est mort quelques heures après, a annoncé jeudi l’agence de presse iranienne Fars.
La protestation a malgré tout redoublé d’intensité à Téhéran, où des images ont montré une foule se presser dans une avenue de la capitale iranienne ce jeudi soir, d’après des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP. Signe de la fébrilité des autorités, le réseau Internet a été coupé sur l’ensemble du territoire, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, se basant sur des « données en temps réel »
. « Cet incident fait suite à une série de mesures de censure numérique de plus en plus strictes visant les manifestations à travers le pays, et entrave le droit du public à communiquer à un moment critique »
, a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Depuis le début du mouvement, parti le 28 décembre de Téhéran, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, surtout dans l’ouest du pays, touchant 25 provinces sur 31, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles ayant eu lieu après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.











