- Elon Musk a perdu lundi son retentissant procès contre OpenAI devant une cour fédérale californienne, en raison de la prescription de sa plainte.
- Après trois semaines d’audiences, un jury populaire a tranché à l’unanimité en moins de deux heures en faveur de l’entreprise à l’origine de ChatGPT et de son patron Sam Altman.
- Le propriétaire du réseau social X, de son côté, a d’ores et déjà annoncé faire appel de la décision.
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Trois semaines de procès (nouvelle fenêtre), cinq milliardaires de la Silicon Valley à la barre et deux heures pour trancher. Ce lundi, un jury populaire aura donc donné raison à l’unanimité à OpenAI et à son patron Sam Altman dans le procès qui les opposait à Elon Musk. Le milliardaire accusait en effet les créateurs de ChatGPT d’avoir détourné ses dons et trahi leur vocation non lucrative originelle pour bâtir un géant commercial de l’IA. Mais la cour fédérale d’Oakland a estimé que sa plainte, déposée en 2024, soit plus de cinq ans après le virage commercial d’OpenAI, était prescrite.
« Pour nous, ce n’est pas fini »
, a immédiatement déclaré après le verdict, à la chaîne CNBC (nouvelle fenêtre), Marc Toberoff, l’un des avocats du propriétaire du réseau social X, annonçant faire appel. De l’autre côté, l’avocat d’OpenAI William Savitt n’a pas mâché ses mots : ce verdict, selon lui, « confirme que cette assignation était une tentative hypocrite de saboter un concurrent et d’effacer un long historique de prédictions très erronées sur ce qu’OpenAI était et deviendra. »
Accusation de détournement
Le jury n’a donc pas eu à trancher le fond de l’affaire : les 38 millions de dollars de dons accordés par Elon Musk aux cofondateurs d’OpenAI ont-ils été détournés pour s’enrichir et trahir la promesse de développer une IA bénéfique pour toute l’humanité ? Une question qui a pourtant dominé les 12 journées d’audiences, où se sont étalées les querelles des pionniers de l’IA sur fond de conversations et documents dévoilant les coulisses d’une Silicon Valley assise sur des milliards.
Dès l’ouverture du procès le 28 avril dernier, Elon Musk s’était dépeint en bienfaiteur trahi, animé par la volonté de protéger l’humanité. Sam Altman (nouvelle fenêtre), dernier à témoigner, après notamment le PDG de Microsoft Satya Nadella, avait lui décrit son ancien parrain dont il était particulièrement proche, en homme avide de « contrôle absolu »
, obsédé par le désir de remporter la bataille de l’IA face à un autre de ses concurrents, Google DeepMind.
Pour OpenAI, ce verdict est une bouffée d’air. Dix ans après sa création, ChatGPT est aujourd’hui utilisé par plus de 900 millions de personnes (nouvelle fenêtre) chaque semaine et la structure commerciale de l’entreprise est valorisée 850 milliards de dollars. « Cette importante victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse en écartant cette épée de Damoclès judiciaire »
, a réagi l’analyste financier Dan Ives.
Car Elon Musk, lui, réclamait qu’OpenAI revienne à un pur statut sans but lucratif, ce qui aurait contraint la start-up à renoncer à son entrée en Bourse et à se priver de ses investisseurs, tels que Microsoft, Amazon ou le japonais SoftBank. Sa fondation originelle est restée un actionnaire minoritaire, environ 25%, de sa structure commerciale et ses dirigeants se félicitent d’en avoir fait l’une des organisations à but non lucratif les mieux dotées au monde.




