Plus de 140 000 personnes ont été évacuées en près d’une semaine dans le nord-ouest du Maroc, en raison de précipitations exceptionnelles ayant conduit les autorités à placer plusieurs provinces en état d’alerte météorologique, selon un bilan actualisé du ministère de l’intérieur, jeudi 5 février.
La province rurale de Larache, à une centaine de kilomètres au sud de Tanger (nord), figure parmi les zones les plus touchées par les intempéries.
Dans cette région, à Ksar El-Kébir, des habitants, dont des enfants et des personnes âgées, se sont retrouvés bloqués sur les toits de leurs habitations avant d’être secourus par la gendarmerie royale, qui les a évacués à l’aide de petites embarcations.
De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées pour jeudi et vendredi à travers le pays par la Direction générale de la météorologie (DGM). Les évacuations se portent à « un total de 143 164 personnes » depuis vendredi dernier, « dans le cadre d’interventions préventives visant à protéger les vies et à garantir la sécurité des citoyens », a précisé le ministère de l’intérieur.
Terres agricoles inondées
Dans la province de Sidi Kacem, à environ 120 kilomètres au sud de Ksar El-Kébir, plus de 10 000 habitants ont été déplacés, parfois en hélicoptère. De nombreuses routes ont été submergées et des terres agricoles inondées, dont des champs de citronniers. Des images de l’Agence France-Presse (AFP) montrent des habitants circulant difficilement dans des zones recouvertes d’eau boueuse, parfois à l’aide de tracteurs ou de deux-roues à moitié immergés.
D’autres évacuations ont eu lieu dans des provinces voisines situées dans les plaines du Loukkos et du Gharb, à l’embouchure des fleuves Loukkos et Sebou, parmi les plus importants du pays, sur la façade océanique. La houle élevée sur l’Atlantique ces derniers jours a perturbé l’écoulement des eaux des deux fleuves, a expliqué, mercredi, un responsable du ministère de l’équipement à la chaîne publique 2M.
Mi-décembre, 37 personnes avaient péri à Safi, sur la côte Atlantique, lors de crues soudaines et d’inondations, le plus lourd bilan de la dernière décennie pour des intempéries de ce type dans le pays.
Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait dit fin janvier le ministère de l’eau à l’AFP, après sept années consécutives d’une grave sécheresse dans le pays.













