Dans moins d’un mois, le procès de Lucas Larivée, accusé du viol et du meurtre de Justine Vayrac se tiendra devant la cour d’assises de la Corrèze, du 16 au 20 mars prochain à Tulle. Douze personnes se sont constituées parties civiles dans cette affaire.
Justine Vayrac, 20 ans, avait disparu dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022, après avoir passé la soirée dans une discothèque de Brive (Corrèze) avec ses amis. Le corps sans vie de l’étudiante en école d’aide-soignante avait été retrouvé, le 27 octobre, soit quatre jours plus tard, à une trentaine de kilomètres, sur les indications de Lucas Larivée, âgé de 21 ans à l’époque. Lors de sa garde à vue, il avait avoué l’avoir tuée d’un coup de poing, avant de l’enterrer dans un bois de Beynat, à proximité de l’exploitation familiale. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
En mars dernier, les deux juge d’instruction en charge du dossier avaient rendu leur ordonnance de mise en accusation, actant ainsi un procès pour Lucas Larivée devant la cour d’assises de la Corrèze.
« Aucun mot pour la victime »
Dans l’ordonnance de mise en accusation de 23 pages que BFMTV a pu consulter, il est mentionné les diverses expertises psychologiques et psychiatriques qui ont été réalisées tout au long de la procédure.
Selon le psychiatre qui a pu expertiser Lucas Larivée, le jeune homme « n’a aucun mot pour la victime, formulant uniquement des regrets autocentrés ».
Toujours selon ce même expert, Lucas Larivée présente « une personnalité sociopathique ou antisociale, illustrée notamment par une surestimation de soi, une duperie et une manipulation, une absence de remords, un affect superficiel, une insensibilité voire un manque d’empathie, une faible maîtrise de soi, une impulsivité et une incapacité à assumer la responsabilité de ses actes ». L’expert note également « l’existence d’une intolérance à la frustration, laquelle a pu jouer un rôle dans le passage à l’acte. »
Au moment des faits, Lucas Larivée n’est pas atteint « d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli ou altéré son discernement », note cet expert psychiatre.
Enfin, ce dernier conclut « à une dangerosité criminologique patente, faisant état de sa capacité à transgresser les règles, de son intolérance à la frustration, de ses capacités d’empathie limitées et de son absence de culpabilité. »
« Son rapport avec la gente féminine est source de méfiance et de distance affective »
Toujours dans l’examen de sa personnalité lors de la procédure, un expert psychologue cette fois-ci relève que Lucas Larivée « demeure centré sur ce qu’il a perdu et mis en échec par son geste, sans évoquer le sort de sa victime. » Il semble alors « présenter un faible accès à la culpabilité ou la remise en question. »
Ce même expert note que le rapport de Lucas Larivée avec la « gente féminine » est « source de méfiance et de distance affective »
Dans ses conclusions, l’expert psychologue émet l’hypothèse « d’un recours à l’acte avec acharnement tel un passage à l’acte signifiant un besoin d’annuler l’autre pour survivre psychiquement. »
Une seule condamnation dans son casier judiciaire
En juillet dernier, la cour d’appel de Limoges a confirmé la condamnation à deux ans de prison ferme pour Lucas Larivée, reconnu coupable d’avoir incendié la ferme de son ancien employeur, où il avait travaillé en 2020.
Les deux juges d’instruction indiquent dans ce document que Lucas Larivée « semble avoir évolué dans une sphère familiale aimante et structurante […] Il a très tôt été intéressé par le monde agricole et s’est très vite investi dans l’exploitation familiale. À l’adolescence, aucun problème de comportement n’est rapporté en dehors de comportement parfois inadapté en milieu scolaire. »
Il est mentionné qu’il entretient « de bonnes relations avec l’ensemble de sa famille. Il est proche de ses parents chez qui il se rend chaque jour pour prendre les repas […] Il entretient de nombreuses amitiés tant avec des femmes que des hommes. Il est souvent décrit comme un ami sur qui il est possible de compter. »
Refus de participer à la reconstitution
Lors de ce même examen de personnalité, Lucas Larivée « reconnaît une consommation d’alcool très régulière et festive ». Il admet lui-même qu’il lui arrive « parfois de boire de l’alcool déraisonnablement comme de nombreux jeunes de son entourage ».
Au fil de l’instruction, les enquêteurs découvraient que le 23 octobre 2022 au soir, soit le lendemain de la nuit tragique, Lucas Larivée avait « visionné plusieurs épisodes de la série DAHMER, inspirée d’un tueur en série américain »
Un an après les faits, le 25 octobre 2024, une reconstitution était organisée en Corrèze. « Au cours de cet acte, Lucas Larivée gardait le silence et refusait d’y participer », note les deux juges d’instruction en charge du dossier.
Article original publié sur BFMTV.com













