- Alors que la France est confrontée à une saison historique des incendies, le sort des animaux sauvages inquiète.
- Une pétition réclamant l’arrêt de la chasse dans les forêts brûlées pour une durée de trois ans a déjà récolté plus de 320.000 signatures en deux semaines.
- Mais le débat monte avec les chasseurs.
Suivez la couverture complète
Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
« Pas de fusils sur les cendres. »
Alors que les incendies en France ont déjà parcouru plus de 117.000 hectares depuis le début de l’année, avec une saison des feux « inédite par son ampleur »
, le sort de la faune sauvage dans le pays inquiète. Ces derniers jours, des images de chevreuils brûlés ou de biches fuyant des forêts dévastées par les flammes ont en effet largement circulé.
Des photos qui ont contribué à faire décoller une pétition, lancée dans la foulée de l’incendie de Fontainebleau (Seine-et-Marne), et qui réclame la mise en pause de la chasse dans les massifs forestiers sinistrés. Vendredi 31 juillet, elle cumulait ainsi plus de 320.000 signatures.
« Derrière les arbres calcinés, il y a des survivants. Des animaux qui ont échappé aux flammes par miracle, épuisés, affamés, privés de leurs abris et de leurs points d’eau. Pour eux, chaque jour est une lutte pour la survie »
, est-il écrit dans la pétition publiée en ligne sur le site Change.org le 14 juillet, avant même le début de l’incendie hors norme en Gironde qui a ravagé 42.000 hectares. « Il est inadmissible que l’on autorise la traque là où la nature tente de renaître »
, assure le texte initié par Bruno Valentin, un homme se présentant comme gérant d’un refuge personnel pour animaux en Auvergne.
Une « interdiction totale de la chasse » et « un moratoire de trois ans »
La pétition adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu demande ainsi « l’interdiction totale de toute forme de chasse dans tous les massifs forestiers ayant subi des incendies durant l’été 2026 »
, mais aussi « un moratoire de trois ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère »
.
Une autre pétition appelant à « suspendre la chasse pendant l’été suite aux incendies »
publiée le 27 juillet sur le site de l’Assemblée nationale a elle reçu 2.400 signatures. Car si tout décompte des animaux morts est impossible à ce stade, les dégâts s’annoncent « catastrophiques »
, de l’avis de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Mais pour les chasseurs, pas question de toucher au lancement de la saison de la chasse. « Laissez les gens qui savent se débrouiller sur les territoires »
, a réagi auprès de l’AFP Willy Schraen, le président de leur fédération nationale. « Évidemment qu’il y a plein d’endroits où il n’y aura pas de chasse, c’est tellement de bon sens »
, a-t-il ajouté, jugeant que « ce n’est pas simplement le périmètre de ce qui a pu brûler qui doit être interdit à la chasse de certaines espèces »
.
S’il y a selon Willy Schraen « des espèces qui ne sont pas chassables »
, « d’autres le seront parce qu’elles n’ont pas été tellement touchées »
, a-t-il répondu aux appels à interdire la chasse.
Seuls les préfets peuvent décider de l’interdiction de la chasse
« Il faut regarder au cas par cas »
, a de son côté affirmé Dominique Py, chargée des questions de chasse et de faune sauvage à la fédération France Nature Environnement (FNE), qui se dit favorable à des restrictions dans les départements touchés par les incendies « si cela s’avère nécessaire »
ou à décaler l’ouverture de la saison.
Interrogé enfin par l’AFP, le ministère de la Transition écologique a rappelé que la décision d’autoriser ou non la chasse sur un territoire relève « exclusivement de l’appréciation des préfets »
. « En cas de calamité naturelle telle qu’un incendie, le préfet peut suspendre l’exercice de la chasse, partiellement ou totalement, pour tout ou partie du département concerné »
, indique ainsi l’article R424-3 du code de l’environnement.











