L’été 2026 n’est pas encore fini, loin de là. Et pourtant, la France a déjà essuyé un nombre inédit d’incendies. Un record alarmant, qui s’élève à 312 selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS). Arrien-en-Bethmale, Biscarrosse, Saumos, Pontevès… à peine maîtrisées, les flammes renaissent ailleurs sous l’effet d’un climat sec, conséquence de trois vagues de chaleur successives.
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Souvent visibles depuis l’espace, comme à Sens ou à Fontainebleau mi-juillet, les incendies dévorent des centaines d’hectares, parfois des milliers. Mais plus que le triste record qui a été battu cette année, c’est bien l’augmentation sans précédent du phénomène en 20 ans qui s’avère particulièrement parlante.
Seulement 12 incendies en 2006
La courbe est effectivement saisissante. En 2006, l’EFFIS recensait 12 incendies en France. Vingt ans plus tard, pas moins de 312 feux se sont déjà déclenchés avant la fin du mois de juillet 2026.
Entre 2006 et 2018, la moyenne tournait autour de 22 feux par an. Depuis, elle a grimpé à 235. La faute à une accélération toujours plus rapide du changement climatique.
Neuf fois sur dix, alertent les autorités, les départs de feu sont d’origine humaine. Les pyromanes existent, parfois même au sein des rangs des pompiers volontaires, mais des gestes simples et irréfléchis, comme un jet de mégot mal éteint, suffisent bien souvent à enflammer une végétation asséchée. Quelques secondes suffisent alors aux flammes pour devenir hors de contrôle.
Aussi, s’il n’est pas forcément à l’origine du déclenchement de l’incendie, le changement climatique crée les conditions idéales pour ce type de scénarios. Il permet, de surcroît, aux feux de prendre une ampleur inédite.
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Plus de 71 000 hectares calcinés
De fait, leur intensité croît depuis plusieurs années, mais ils n’ont jamais dévoré autant de terrains en France que cette année. Dans un point presse samedi 25 juillet, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué un « record historique ». Selon lui, près de 98 000 hectares sont déjà partis en fumée sur la seule année 2026.
Pour des questions méthodologiques, les chiffres de l’EFFIS ne sont pas encore parfaitement alignés avec ceux de l’administration française. Ils rendent toutefois parfaitement compte des ravages inédits des épisodes incendiaires de cette année et corroborent les déclarations du ministre. Selon l’EFFIS, plus de 71 000 hectares ont brûlé en 2026, soit près du double des chiffres de l’année précédentes. Tout ceci avant même la fin de l’été.
Plus marquant encore, la somme de tous les hectares français calcinés entre 2006 et 2018 reste inférieure au record de cette année. Sur cette période de 12 ans, 68 410 hectares avaient brûlé. Depuis, ce sont presque 300 000 hectares qui ont été réduits en cendre en à peine sept ans.
Fréquemment mentionnée comme l’une des nombreuses conséquences du changement climatique par les scientifiques, l’intensification de ces incendies ne semble pas prêt de ralentir. Malgré les alertes, nombreuses et régulières, les effectifs des soldats du feu et l’état du matériel mis à leur disposition ne sont pas à la hauteur de la menace. En l’espace de deux semaines, trois pompiers ont perdu la vie en tentant d’endiguer la progression des flammes.
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