Le ministère public du canton du Valais, qui enquête sur l’incendie de Crans-Montana, en Suisse, a accordé l’entraide judiciaire à l’Italie, ce qui permettra aux enquêteurs italiens d’avoir notamment accès aux preuves, a indiqué, vendredi 30 janvier, l’Office fédéral de la justice (OFJ). L’Italie devient donc le premier – et à ce jour le seul – pays étranger à se voir accorder l’entraide judiciaire dans cette enquête.
Le ministère a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) avoir « été informé aujourd’hui que le ministère public du canton du Valais a donné suite, le 30 janvier 2026, à la demande d’entraide judiciaire du parquet de Rome ». « Dans le cadre de cette assistance, le parquet de Rome aura notamment accès aux éléments de preuve déjà recueillis. Cela se fera dans le respect des droits prévus par la loi pour les parties potentiellement concernées par les actes d’entraide judiciaire », a ajouté l’OFJ.
Le gouvernement italien a exigé, lundi, la mise en place d’une équipe conjointe d’enquêteurs dans l’affaire de l’incendie du bar de Crans-Montana, en Suisse, la nuit du Nouvel An, qui a coûté la vie à 40 personnes, dont des Italiens et des Français, et fait 116 blessés. Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi 24 janvier en signe de protestation contre la libération sous caution du propriétaire français du bar, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.
« Mi-février, une première réunion technique aura lieu entre les autorités pénales des deux pays », selon l’OFJ, qui indique que cette rencontre aura notamment pour objectif « de clarifier les détails de la coopération et de coordonner les procédures ». Aucune autre demande d’entraide judiciaire n’a été reçue à ce jour dans cette affaire, a indiqué une porte-parole de l’OFJ, Ingrid Ryser.
« Vive indignation du gouvernement et de l’Italie »
Six jeunes Italiens ont trouvé la mort dans cet incendie, et plus d’une dizaine ont été grièvement blessés. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, avait exprimé « la vive indignation du gouvernement et de l’Italie » après la libération, le 23 janvier, du propriétaire du bar, Jacques Moretti, un Français. Il a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré après le paiement d’une caution, et placé comme son épouse sous mesures de contrainte.
L’incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, a été provoqué, selon l’enquête, par les étincelles de bougies dites « fontaines » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement.
L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités. Depuis mercredi, l’enquête pénale cible aussi deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, qui a reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019, alors qu’ils doivent être faits annuellement.













