L’incendie qui a fait une quarantaine de morts et quelque 115 blessés la nuit du Nouvel An dans un bar de la station de Crans-Montana, dans les Alpes suisses, soulève nombre d’interrogations, à l’heure où l’enquête et l’identification des victimes démarrent à peine.
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Comment le drame s’est-il produit ?
Le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, a indiqué qu' »il était environ 1 h 30 lorsque la fumée a été aperçue émanant d’un bar situé au centre » de cette station huppée du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse.
Quelques secondes plus tard, un témoin a contacté la centrale d’engagement de la police cantonale pour signaler cet incendie. « Immédiatement, l’alarme rouge qui est destinée à mobiliser les pompiers a été déclenchée », a-t-il précisé, indiquant que ces derniers avaient « rapidement circonscrit le sinistre » alors que les blessés commençaient à être pris en charge.
Les autorités du Valais, qui ont annoncé avoir ouvert une instruction pour « incendie », ne s’avancent pas dans l’immédiat sur les causes du drame, mais plusieurs témoignages semblent accréditer une hypothèse.
Ces témoignages, diffusés par différents médias suisses, français et italiens, rapportent que des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d’une autre avaient provoqué l’incendie au contact du plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu’il s’agissait d’un « show » habituel dans l’établissement, réservé aux clients qui effectuaient des commandes spéciales pour leur table.
« Il me semble qu’il y avait des dames, des serveuses, avec des bouteilles de champagne avec des petites fusées. Elles ont été trop, trop près du plafond, et ben ça a pris feu d’un coup », a notamment raconté Axel, présent au moment du drame, au média italien Local Team.
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L’établissement était-il aux normes ?
Le Constellation peut accueillir 300 personnes à l’intérieur et 40 en terrasse, selon son site internet. Situé au rez-de-chaussée d’un immeuble, il dispose d’un sous-sol où sont organisés des soirées et événements.
Selon plusieurs témoins, le sous-sol de l’établissement où l’incendie s’est déclenché n’est relié au rez-de-chaussée que par un escalier, que certains ont décrit comme « étroit ». Mais les autorités cantonales ne l’ont pas confirmé.
« En ce qui concerne l’étroitesse de l’escalier, j’ai vu l’escalier. J’ai été constater également sur place, qu’est-ce qu’un escalier étroit, en fait, finalement ? », a réagi jeudi la procureure générale du canton Béatrice Pilloud.
« L’enquête sera aussi là pour déterminer s’il y a toutes les normes de sécurité qui ont été respectées ou si tel n’est pas le cas », a-t-elle poursuivi, précisant qu’il était « trop tôt » pour commenter la conformité des sorties de secours et plus généralement des locaux, et si les démarches nécessaires avaient été effectuées avant d’organiser cette soirée.
Des sources concordantes ont indiqué jeudi à l’AFP que les propriétaires du bar sont de nationalité française: il s’agit d’un couple originaire de Corse qui serait sain et sauf selon un proche, mais il reste injoignable depuis le drame.
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Combien d’étrangers parmi les victimes ?
Le bilan des autorités, déjà dramatique, pourrait s’alourdir, car la plupart des quelque 115 blessés le sont grièvement, selon les autorités. L’ambassadeur d’Italie en Suisse a déjà indiqué à l’AFP que 47 personnes étaient décédées, ce que les autorités suisses n’ont pas encore confirmé.
Celles-ci n’ont encore donné aucun élément sur l’identité ou la nationalité des victimes, mais M. Gisler a indique que « vu le caractère international de la station de Crans, nous pouvons nous attendre à des victimes de nationalité étrangère ». « Nous sommes d’ailleurs en contact étroit avec les familles, que nous informons en temps réel ainsi qu’avec les différentes ambassades concernées », a-t-il ajouté.
Neuf Français figurent parmi les blessés et huit autres ne sont pas encore localisés, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères, alors que le chef de la diplomatie italienne a indiqué qu’une « quinzaine d’Italiens » avaient été blessés, et qu’autant étaient toujours portés disparus.
En outre, la clientèle du bar étant habituellement jeune, certains s’interrogent sur la présence éventuelle de mineurs au moment du drame « Vous pouvez imaginer qu’une nuit de la Saint-Sylvestre, en station, la population est sans doute assez jeune. De là à parler de mineurs je ne m’avancerai pas, mais effectivement il s’agit d’une population festive, donc jeune », a indiqué le conseiller d’État (ministre régional) du Valais en charge de la sécurité Stéphane Ganzer.
Avec AFP












