- La guerre au Moyen-Orient aggrave la dette française.
- Pour compenser, le gouvernement envisagerait de faire 6 milliards d’économies supplémentaires.
- Les ministres de Bercy se réunissent aujourd’hui pour fixer les contours de ces nouvelles mesures.
Le comité d’alerte des finances publiques se réunit à 9 heures ce mardi 21 avril. Créé en 2025, il rassemble notamment les ministres de l’Économie, des Comptes publics, des parlementaires, des représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale ou des syndicats. L’objectif ? Faire un point sur le coût de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques et alerter sur les risques de dérapage budgétaire.
L’impact du conflit est estimé entre 4 et 6 milliards d’euros à ce stade, a annoncé le ministre de l’Économie Roland Lescure sur RTL ce mardi 21 avril. « C’est l’ordre de grandeur à ce stade du coût de la crise tel qu’on peut l’estimer »
avec notamment un impact de 3,6 milliards d’euros sur le coût de la dette « qui est en hausse parce que les taux d’intérêt ont monté »
, a-t-il précisé.
Le gouvernement devrait ainsi annoncer à cette occasion des mesures d’économies pouvant aller jusqu’à 6 milliards d’euros, dont 4 milliards d’euros pour l’État et 2 milliards pour la Sécurité sociale, selon des sources proches des discussions consultées par l’AFP, confirmant des informations du Monde
.
En plus du dérapage de la dette et face à la crise énergétique, le gouvernement a déjà annoncé 130 millions d’euros de dépenses de soutien. La semaine dernière, le Premier ministre a fait savoir qu’un « prochain paquet d’aides »
sera annoncé en mai pour les filières les plus touchées.
« À l’euro près »
Or, l’objectif est toujours de ramener le déficit à 5% du PIB. Le ministre des Comptes publics a donc prévenu que pour tenir les objectifs de 2026, « toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise »
énergétique entraînerait « une annulation d’une dépense qui était prévue, à l’euro près »
. Sous pression, le gouvernement pourrait donc annoncer des annulations ou gels de crédits touchant certains ministères.
Avant même la réunion, ces potentielles mesures d’économies ont déjà soulevé des critiques. Comme celles formulées par le président de la commission des Finances de l’Assemblée, Éric Coquerel (LFI) : « Au lieu de jouer sur les marges de Total, pour bloquer les prix du carburant et d’envisager de taxer les surprofits des grandes entreprises, le gouvernement s’apprête à faire payer les Français via la baisse des dépenses publiques et sociales »,
a-t-il réagi sur X. Cela aura « un effet récessif garanti sur l’économie, la croissance et les rentrées fiscales. C’est injuste et stupide économiquement »,
a-t-il ajouté, plaidant pour un projet de loi de finances rectificative.




