- Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a considérablement développé la fameuse ICE dont les effectifs ont été doublés.
- La formation des policiers a été réduite à 8 semaines contre 16 semaines à l’époque.
- Leurs méthodes sont aujourd’hui contestées et même jugées illégales.
La mort samedi d’un infirmier américain sous les balles de la police à Minneapolis intervient dans un contexte explosif aux Etats-Unis, moins de trois semaines après celle d’une Américaine s’étant opposée à la police de l’immigration (ICE) dans cette même ville du nord du pays.
Les opérations de la police anti-immigration américaine, dont les méthodes sont aujourd’hui contestées et même jugées illégales, sont dirigées par un ancien garde-frontière, Gregory Bovino, encore inconnu il y a un an. Sur les réseaux sociaux, l’agence oscille entre pop culture, provocation et humour cynique. Une pub, par exemple, reprend le slogan de Pokémon, « Attrapez-les tous ! » pour illustrer la traque des clandestins. Dans une autre, sur le chant « Vive le vent », le tintement des clochettes est remplacé par le bruit des chaînes et des menottes, comme le montrent des extraits en tête de cet article.
Un budget exceptionnel
Mais cette agence dispose d’un budget exceptionnel : 11,3 milliards de dollars pour cette année 2026, auxquels s’ajoutent un fonds spécial de 30 milliards pour financer les expulsions.
Les effectifs ont aussi explosé. La police de l’immigration comptait ainsi 10.000 agents sur le terrain en 2024 et 12.000 hommes supplémentaires ont été recrutés l’an dernier grâce à de généreuses primes. Pour aller vite, la formation a été réduite : 16 semaines à l’époque contre 8 désormais. « Ça crée vraiment des inquiétudes. Parce qu’ils vont notamment où il y a des manifestations, donc ils n’ont aucune formation, à la différence d’une police. Ils ne savent pas rendre la situation plus calme. Au contraire, ils ont une réaction qui est plutôt une réaction militaire »,
commente Elizabeth Sheppard Sellam, chercheuse et spécialiste des États-Unis.
Le 7 janvier dernier, une citoyenne américaine a été tuée par balle dans sa voiture en marge d’une intervention. La police ICE invoque la légitime défense, une version contestée par des témoins. Cette semaine, c’est une autre image qui a fait le tour de l’Amérique : celle de cet enfant de 5 ans emmené vers un centre de rétention. Pour se défendre, la Maison-Blanche assure que son père clandestin avait pris la fuite en l’abandonnant.
Face aux polémiques, aux manifestations, Donald Trump offre un soutien sans faille à ses agents. Le président américain maintient son objectif : expulser un million de clandestins chaque année, coûte que coûte.













