mardi, août 25

Avec notre envoyée spéciale à Qusra, Frédérique Misslin

Loai Ridi vit dans sa maison de Qusra, au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée, comme dans une prison. Il ne peut pas sortir de chez lui et l’accès à sa propriété se fait uniquement sur autorisation de l’armée israélienne. C’est une zone militaire fermée. Il faut passer un checkpoint, au bout d’une route poussiéreuse sur les collines de Qusra pour y accéder.

Loai explique qu’il vit désormais entouré par des soldats israéliens et des colons extrémistes et violents. « Il y a deux caravanes. Elles sont toujours là. Les colons continuent de les utiliser. Ils dorment dans ces vans. Ils vont et viennent. Comme vous voyez là, il y a trois colons qui marchent en face. Voilà à quoi ressemble notre quotidien depuis mon arrivée ici », raconte-t-il tandis qu’un véhicule de l’armée israélienne approche.

Des maisons assiégées à Qusra, en Cisjordanie occupée.

Loai Ridi est un Palestinien, citoyen américain. Il vit dans l’Ohio et a pris l’avion il y a 10 jours pour venir défendre sa propriété menacée par les colons. Il est désormais bloqué et attend les ravitaillements.

« Cela fait maintenant 16 jours que nous sommes assiégés et on continue de faire semblant de ne pas pouvoir expulser trois, quatre, cinq ou six colons. En plus de cela, ils nous empêchent, nous les habitants, de nous déplacer librement, et empêchent quiconque du village de venir nous rendre visite ou de nous apporter de la nourriture. »

Loai a hissé le drapeau américain sur le toit de sa maison. Il demande la protection des États-Unis. Le siège s’éternise et 13 personnes sont prises au piège. Youssef Hassan habite la maison voisine, également encerclée. Il rappelle que les colons ont déjà sévi dans la région.

« Je connais quelqu’un à Tubas qui n’avait pas de papiers américains, pas de pièce d’identité, personne n’a rien fait pour lui. Ni l’armée, ni la police, personne n’a rien fait. Et finalement, malheureusement, il a dû quitter sa maison. » Loai Ridi, lui, est déterminé à protéger sa maison et refuse de partir.

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