Ce n’est pas franchement une question de vie ou de mort, mais une question de vie et de mort.
“Quand Chai est morte à l’âge de 5 ans, j’ai eu le sentiment qu’on nous avait volé du temps.” Alors Kelly Anderson, propriétaire dudit félin, a opté pour un scénario qui, il n’y a pas si longtemps, relevait de la science-fiction : elle a cloné Chai. Le fruit de cette opération est que Belle (alias “Clone Kitty”) a près de 150 000 abonnés sur TikTok.
On ne peut pas exactement parler de démocratisation de la procédure. Mais sa popularisation (Javier Milei et Paris Hilton y ont recouru), “en dit long sur notre nouveau rapport à la mort”, avance le magazine britannique Dazed.
Kelly raconte : “Le véto avait congelé son corps pendant la nuit afin de l’envoyer au crématorium. Je les ai appelés tôt le matin et je leur ai dit : ‘Arrêtez tout, on va la cloner.’”
Pour comprendre la démarche, le magazine américain Wired s’est entretenu avec une chargée de clientèle de la plus grande société de clonage d’animaux de compagnie.
D’un point de vue purement pratique, voilà comment ça se passe : après la mort d’un animal, ses cellules restent viables pendant environ cinq jours.
“Généralement, nous demandons un morceau d’oreille de l’animal défunt. Le tissu d’oreille est solide, il fonctionne très bien. Les gens ne veulent pas qu’il manque une oreille à leur animal de compagnie, alors parfois il faut les convaincre”, décrit la responsable.
Une fois l’échantillon arrivé au laboratoire, la première étape consiste à cultiver des cellules à partir du tissu, puis à congeler et à conserver ces cellules.
“Le clonage commence par la fabrication d’embryons à partir des cellules, poursuit la responsable clients. Ensuite, on prend un ovocyte d’une donneuse, on en retire le noyau, puis on y insère l’une des millions de cellules qu’on a obtenues en culture. Par un stimulus électrique, on fait croire à l’ovocyte qu’il est fertilisé, mais il n’y a pas de spermatozoïdes. C’est la magie du clonage.”
De cette manière, le laboratoire crée plusieurs embryons, avant de les transférer dans une une femelle porteuse de la même espèce. Et voilà le travail. À toutes fins utiles, rappelons qu’il ne s’agit pas du même animal, mais d’un nouvel individu avec le même patrimoine génétique (comme des jumeaux monozygotes).
[…] Lire la suite sur Courrier international













