- Deux jours après le terrible accident de trains qui a touché l’Andalousie, le bilan encore provisoire s’élève à 41 morts et plus d’une centaine de blessés.
- Un morceau de rail détaché se trouve au centre de l’enquête, alors que l’erreur humaine et le sabotage ont été écartés.
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Collision mortelle entre deux trains à grande vitesse en Espagne
Une attente interminable. Deux jours après l’accident de trains en Espagne, certains cherchent encore leurs proches. « C’est horrible, horrible. Je suis désespérée, j’ai une angoisse terrible. Ses parents sont très âgés, ils veulent savoir ce qu’il s’est passé. Mais je n’ai pas de réponse à leur donner »
, explique très émue l’épouse de Victor, 52 ans, dans la vidéo en tête de cet article.
Toujours la même question pour ces familles. Que s’est-il passé ? À ce stade, l’erreur humaine est écartée. Le sabotage aussi. Les infrastructures sont-elles en cause ? La voie ferrée, en tout cas, a été rénovée au printemps dernier.
Des incidents techniques ont pourtant été signalés sur la ligne depuis. Inquiet, le principal syndicat ferroviaire du pays a envoyé en août dernier un courrier pour dénoncer les anomalies. « Il y a des portions où il y a des irrégularités. Les conducteurs doivent eux-mêmes prendre l’initiative de diminuer la vitesse quand ils notent des vibrations »
, déclare Diego Fernandez, secrétaire général du syndicat espagnol Semaf.
Ces vibrations s’observent et peuvent s’entendre dans le reportage en tête d’article. Un voyageur les a filmées en novembre dernier. À quoi peuvent-elles être dues ? « On peut imaginer qu’il y a un défaut de géométrie de la roue, par exemple. Et si c’est le cas, la roue va subir des efforts démesurés. Et ça va pouvoir user aussi de manière accélérée le métal »
, analyse Arnaud Aymé pour TF1, spécialiste du transport terrestre auprès du cabinet SIA.

L’usure concerne-t-elle aussi les rails ? Depuis 2019, le trafic ferroviaire espagnol a augmenté avec l’arrivée de compagnies privées. Une dizaine de lignes sont notamment desservies et très empruntées : plus 30% du trafic par exemple entre Malaga et Madrid, là où a eu lieu la collision. Les enquêteurs s’intéressent aussi à un morceau de rail manquant. Est-il la cause ou la conséquence de l’accident ? Les autorités préviennent : l’enquête prendra du temps.














