Les premiers jours de 2026 n’auront laissé que peu de répit. Si l’histoire longue retiendra peut-être ces années comme celles d’un changement d’ère, marquant la fin de l’ordre international post-1945, quatre épisodes de cette rentrée bousculent nos conceptions en matière de souveraineté. Ils exposent tour à tour nos faiblesses, nos contradictions, nos renoncements, et nous placent, en définitive, face à notre destin et à nos valeurs.
Au Venezuela, nous sommes les spectateurs passifs et contradictoires de l’arrestation de Nicolas Maduro. Certains condamnent l’ingérence américaine, mais tolèrent celles de narco-Etats qui empoisonnent nos sociétés. Nous parlons de guerre en toutes circonstances, mais refusons de voir l’ampleur inédite prise par le narcotrafic d’Etat : une guerre non déclarée, qui frappe nos familles et nos jeunes et prospère à l’ombre de nos démocraties. Dans ces conditions, comment revendiquer un légalisme aveugle à l’encontre du droit lui-même ? Car Maduro était aussi privé d’immunité diplomatique, faute de reconnaissance par la communauté internationale après les fraudes électorales de 2018 et 2024, et sous le coup d’un mandat d’arrêt pour narcotrafic d’Etat, corruption et crime organisé.
Comment convoquer le général de Gaulle contre la souveraineté du peuple vénézuélien, quand la conception gaullienne de la souveraineté se confond exactement avec la démocratie ? Suivant ses termes, elle est « le peuple exerçant sa souveraineté sans entraves ». Au fond de sa pensée et de son action, on retrouve toujours une haute idée de l’homme et de la condition humaine, au service desquels la vocation première de l’Etat est de « construire un ordre tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun y soient exaltées et garanties », ce qui est une antithèse absolue du cas vénézuélien.
Réaction à courte vue
Cessons donc de détourner le droit international de ses finalités essentielles. Sa vocation ne doit pas être de protéger les dictateurs de leur peuple, mais de constituer un outil de coopération et de désescalade entre Etats souverains. Ce que cet épisode démontre aussi, c’est que nos cadres juridiques actuels – qu’ils soient nationaux, européens ou internationaux – ne sont plus assez adaptés à la brutalité du monde qui vient.
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