- Ancien conseiller de Donald Trump, John Bolton était ce lundi soir l’invité de Darius Rochebin sur LCI.
- Désormais parmi les plus virulents critiques du président américain, il doute que celui-ci veuille renverser le régime iranien.
- Lui-même « faucon » historique, John Bolton estime que c’est la seule voie à suivre face à Téhéran.
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Le second mandat de Donald Trump
Ancien conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale des États-Unis, de 2018 à 2019, John Bolton compte parmi les « faucons » du camp conservateur américain. Celui qui fut aussi sous-secrétaire d’État puis ambassadeur auprès des Nations-Unies sous George W. Bush est aujourd’hui l’un des adversaires les plus acharnés de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Il était ce lundi 23 février l’invité de Darius Rochebin sur LCI, pour donner son opinion sur les choix que pourrait faire Donald Trump face à l’Iran.
Alors qu’une nouvelle session de discussions entre émissaires iraniens et américains vient d’être annoncée, les États-Unis continuent de déployer une force impressionnante dans le Golfe. Présagent-elles d’une intervention militaire américaine contre Téhéran ?
Il réfléchit au jour, le jour, et transaction par transaction
Il réfléchit au jour, le jour, et transaction par transaction
John Bolton sur LCI au sujet de Donald Trump
« J’espère que c’est la décision que prendra le président Trump »
, affirme John Bolton. « Je ne peux pas parler à sa place, évidemment, mais il est très important de nous coordonner avec l’opposition. C’est la seule manière d’obtenir la paix et la sécurité au Moyen-Orient en renversant les ayatollahs »
, estime-t-il, en droite ligne de la position qu’il avait déjà défendue à l’époque où il conseillait Trump, et qui avait contribué à son éviction.
L’ancien conseiller de Donald Trump ne semble pas convaincu des velléités de celui-ci pour renverser le régime iranien. « Il est tout à fait possible qu’il se satisfera de frappes d’envergure limitée »
, avance-t-il. Il connaît cependant bien son fonctionnement imprévisible. « Je ne pense pas que Trump ait tout à fait décidé dès à présent. Il ne réfléchit pas de manière stratégique. Il réfléchit au jour, le jour, (…) et transaction par transaction »
.
Les ayatollahs pas intimidés ?
Quant à l’hypothèse d’un scénario comparable à l’exfiltration de Nicolas Maduro au Venezuela, il la condamne par avance. « C’est vraiment une étude de cas sur la manière de ne pas changer de régime. On a capturé Nicolas Maduro, mais on a laissé toute sa clique d’autoritaires, qui dirige toujours le Venezuela. Et même si on pouvait éliminer l’ayatollah Khamenei, ça laisserait
les Gardiens de la Révolution
au pouvoir »
, prédit-il.
De même, la démonstration de force que constitue en ce moment le déploiement américain dans la région pourrait s’avérer contre-productive, selon John Bolton. Elle est pensée pour intimider des ayatollahs qui ne le seront guère, estime-t-il par avance. « Mais Donald Trump réfléchit vraiment à la minute près »
, martèle-t-il, « il joue chaque coup à la suite du dernier »
. Des frappes, si elles devaient finalement avoir lieu, n’interviendraient pas avant le discours sur l’État de l’Union que doit prononcer Donald Trump ce mardi (vers 2h, heure française, ndlr), donc « pas avant mercredi ou jeudi »
, selon John Bolton.
Donald Trump a récemment déployé d’importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient, disant envisager des frappes contre l’Iran à défaut d’un accord sur son programme nucléaire. La diplomatie iranienne a rétorqué ce lundi que toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée »
, le pousserait à riposter « avec férocité »
, par la voix de son porte-parole.
En fin de journée, un responsable américain a confirmé que de nouvelles discussions entre Washington et Téhéran se tiendraient ce jeudi à Genève avec la délégation iranienne.











