- Un homme de 55 ans a été condamné jeudi à 18 ans de prison pour le meurtre d’un octogénaire juif.
- Le retraité avait été défenestré en 2022 à Lyon.
- La cour d’assises du Rhône n’ayant pas retenu le mobile antisémite.
Une peine de dix-huit ans de prison. C’est ce que la cour d’assises du Rhône a infligé ce jeudi 5 février à un homme de 55 ans pour avoir tué un octogénaire juif en le défenestrant. Les faits avaient eu lieu en 2022, à Lyon.
Si le mobile antisémite n’a pas été retenu, la question de la circonstance aggravante de meurtre « commis en raison de la religion de la victime
» a été au cœur des trois jours de procès devant la cour d’assises du Rhône. Les jurés ont, comme l’avocate générale, finalement écarté cette piste que Rachid Kheniche avait vivement niée pendant toute la procédure et le procès.
Son discernement était altéré
Son discernement était altéré
Me Océane Pilloix
Conformément aux expertises psychiatriques, et tenant compte de « difficultés psychiques
« , les jurés ont estimé que son discernement était altéré au moment du meurtre, ce qui atténue sa responsabilité pénale. La cour a aussi « tenu compte des circonstances terribles »
de « ce crime qui a consisté à jeter un homme encore en vie du 17ᵉ étage
« , a dit la présidente de la cour. Ils ont prononcé une peine de dix-huit ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers, et six ans de suivi socio-judiciaire. L’avocate générale avait requis vingt ans d’emprisonnement.
Rachid Kheniche a reconnu avoir tué son voisin et ami René Hadjadj, 89 ans, en le jetant de son balcon, assurant avoir eu « un coup de nerfs
» après une dispute pour un motif obscur. Il a en revanche toujours nié être antisémite malgré des propos litigieux tenus sur les réseaux sociaux. « Il tenait à ce qu’on reconnaisse après toutes ces années qu’il n’y a jamais eu de motivation antisémite et que son discernement était altéré. On a été entendu
« , a réagi l’avocate de la défense.
Les conseils des parties civiles ont de leur côté exprimé leur « tristesse » quant au verdict, estimant que l’accusation les avait « lâchés
« . « Nous n’avons pas tenté de démontrer que c’était un mobile antisémite, parce que nous n’avons pas à le démontrer. Nous avons simplement à démontrer, pour la circonstance aggravante, que le fait que sa victime ait été juive était un élément déterminant
« , a souligné Me Alain Jakubowicz, conseil de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). « Nous soutenons que oui
« .
La décision « est à l’image de notre société. Elle est à l’image tout simplement de la manière dont la France traite le fléau de l’antisémitisme
« , a déploré l’avocate de membres de la famille de la victime.














