- La séparation d’un couple engendre un bouleversement pour les partenaires mais aussi pour les enfants. Absorbant les émotions comme des éponges, ils peuvent également éprouver des angoisses ou des colères.
- Vanessa Seve, coach et formatrice, détaille pour TF1Info comment repérer les enfants affectés et livredes astuces aux parents pour les aider.
Un enfant n’extériorise pas toujours ce qu’il ressent. Il est difficile d’interpréter les humeurs d’un adolescent ou les crises d’un enfant en bas âge. La séparation de ses parents bouleverse son quotidien : il doit construire sa place dans deux maisons distinctes et se retrouver parfois au sein d’une famille recomposée. Tout se complique lorsqu’un des deux parents se retrouve en détresse émotionnelle.
Vanessa Seve (nouvelle fenêtre) a exercé comme avocate en droit de la famille. Elle a quitté la robe pour devenir coach et formatrice. Elle aide désormais les parents à régler leur tempête émotionnelle. Elle développe pour TF1Info les mécanismes faisant subir à un enfant les souffrances invisibles des parents pris dans l’après-rupture.
Il faut traquer les changements d’habitudes
Quels sont les signaux laissant entendre qu’un enfant vit mal une séparation ?
Un enfant ne verbalise pas la souffrance : il la transforme. Il faut observer les changements qui interviennent chez votre enfant sur trois plans : le comportement (repli, agitation, opposition soudaine, décrochage scolaire), les aspects somatiques (fatigabilité, sommeil difficile, maux de ventre) et émotionnels (colère, hypersensibilité, angoisse…). Tout n’est pas forcément lié à la rupture. Mais si ces signaux perdurent pendant un mois, que l’école ou votre entourage vous fait des remarques, vous pouvez avoir de fortes présomptions. Attention à la forte culpabilité liée à la décision de séparation, qui nous fait parfois perdre notre objectivité.
Est-ce plus difficile dans la tête des enfants en bas âge ?
En fonction des âges, les problématiques évoluent. Mais paradoxalement, les séparations restent plus simples avec des enfants de moins de 7 ans. Ils sont plus malléables et nous restons leur repère absolu. C’est plus difficile pour les parents : il faut accepter de ne pas voir son enfant au quotidien et faire confiance à son ancien conjoint. Les enfants plus âgés ont leurs repères avec leurs parents sous le même toit et portent un regard critique sur ce qu’il se passe. C’est encore plus remuant pour les adolescents, qui vivent déjà une tempête émotionnelle individuelle.
« L’enfant doit rester à sa place d’enfant »
Que faut-il faire pour préserver ses enfants ?
Je répète souvent qu’un parent qui va bien, c’est un enfant qui va bien. C’est le cas dans un couple comme dans une séparation. Les familles d’aujourd’hui sont en constante évolution. Les parents doivent éviter de laisser déborder leurs émotions sur leurs enfants, au risque de leur transmettre un sentiment d’insécurité. Le vrai enjeu de la séparation, c’est la régulation émotionnelle des parents. Il faut que les parents prennent soin d’eux. Je compare cette situation aux messages de sécurité des compagnies aériennes : dans les avions, si les masques à oxygène tombent, les parents doivent d’abord les appliquer sur eux avant de s’occuper de leurs enfants, sinon ils risquent de ne pas pouvoir les aider. Il faut accompagner les enfants dans cette transition de vie et rester ce phare constant de stabilité.
Quelles sont les erreurs à éviter ?
Le poison, c’est la violence silencieuse du conflit de loyauté. L’enfant a le sentiment de devoir choisir entre ses parents : aimer l’un, c’est trahir l’autre. L’enfant est une éponge émotionnelle : il absorbe le climat qui l’entoure. Le décalage entre celui qui a actionné la séparation et celui qui la subit crée un déséquilibre pour l’enfant et une tension émotionnelle. Le parent qui subit développe une phase de deuil classique, et l’enfant a tendance à protéger le parent le plus fragile. Une parentification peut alors se développer : le parent utilise consciemment ou inconsciemment son enfant comme un doudou pour se réconforter. Or ce n’est pas à l’enfant de rassurer le parent et de porter sa tristesse. L’enfant doit rester à sa place d’enfant, et le parent doit accompagner l’enfant dans ses émotions.
Faut-il emmener son enfant chez un psychologue ?
Ce sont d’abord les parents qui doivent y aller. Ils doivent faire le deuil du fantasme du couple idéal qu’ils pensaient avoir créé. Il faut apprendre à communiquer, travailler sur ses blessures et gérer les conflits. Il faut ensuite rappeler aux enfants que leurs parents gardent des liens et qu’ils les aiment. Cela peut alors devenir un non-événement dans leur vie. Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits.











