Derrière les serveurs géants de l’intelligence artificielle (IA), il n’y a pas que des puces ultra-performantes. Il y a aussi des êtres humains, et ils voient tout, ou presque, même s’ils sont chez Sama, un sous-traitant de Meta perdu à Nairobi, la capitale du Kenya. C’est ce que révèle une enquête publiée, fin février, par les médias suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten sur les lunettes d’IA de Meta, les « Ray-Ban Meta », présentées par fièrement par le PDG Mark Zuckerberg, à l’automne 2025, à Palo Alto, en Californie.
Les journalistes suédois sont allés interviewer au Kenya les employés du centre de données, qui aident à améliorer le fonctionnement desdites lunettes et voient donc, à l’occasion, ce qui se passe à des milliers de kilomètres chez les consommateurs qui ont autorisé l’usage de leurs données. « On y voit aussi des scènes de sexe filmées avec les lunettes connectées – quelqu’un les porte et a des relations sexuelles », raconte l’un. « On voit des conversations où quelqu’un parle de crimes ou de manifestations. Ce ne sont pas que des salutations, ça peut aussi être des choses très sombres », poursuit un autre. « J’ai vu une vidéo où un homme pose ses lunettes sur la table de chevet et quitte la pièce. Peu après, sa femme entre et se change », renchérit un troisième.
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