« Un geste contrôlé » face à « une menace grave et imminente ». C’est ainsi que le gardien de la paix S. a décrit le fort coup de bouclier asséné à une jeune femme, la projetant au sol, dans la soirée du 23 mars 2023, après une manifestation à Paris contre la réforme des retraites. Face aux images des faits, diffusées dans la salle d’audience du tribunal de justice de Paris, mardi 13 janvier, le parquet a, lui, vu un geste « disproportionné » et requis une peine de huit mois de prison avec sursis pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».
Fait rare, alors que l’enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) n’avait pas permis d’identifier la victime, celle-ci était présente à l’audience. Interrogée par la présidente du tribunal sur son absence de dépôt de plainte, Mme M., 32 ans, s’est expliquée, stressée : « J’ai beaucoup hésité, j’ai fait des va-et-vient, je ne voulais pas aller porter plainte auprès de policiers contre des policiers, j’étais terrorisée et je le suis toujours. » C’est par un concours de circonstances qu’elle affirme avoir appris la tenue de l’audience un mois plus tôt, grâce à un ami avocat.
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