- Un homme a été condamné jeudi à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Épinal.
- Il dirigeait un réseau de passeurs faisant transiter des Syriens par la Guyane avant de rejoindre la France métropolitaine.
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Selon le ministère public, il s’agit de « l’une des plus grandes, si ce n’est la plus grande filière d’immigration de Syriens en France ».
Un homme de 36 ans a été condamné jeudi 3 septembre à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Épinal (Vosges).
À la tête d’une société baptisée « La Sultana Tours », ce Syrien installé à Épinal proposait à des compatriotes candidats à l’exil de payer entre 1.000 et 8.000 euros pour arriver sur le territoire français. Ces Syriens, principalement issus de la communauté druze, passaient par le Venezuela, puis entraient en Guyane française, avant de rejoindre la métropole.
Poursuivi pour aide à l’entrée, à la circulation, ou au séjour irrégulier d’un étranger en France, en bande organisée, entre janvier 2021 et août 2025, il encourait jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
Outre une peine de huit ans d’emprisonnement ferme, conforme aux réquisitions du parquet, cet homme, en situation régulière en France, écope de 400.000 euros d’amende, ainsi que d’une interdiction définitive de séjour sur le territoire français.
Entre 400 et 500 migrants en France entre 2021 et 2025
L’enquête avait démarré après un renseignement fourni en octobre 2025 à l’Office de lutte contre le trafic illégal de migrants de Metz, à propos d’une filière de passeurs de migrants syriens, dirigée depuis Épinal. Les enquêteurs avaient trouvé des vidéos promotionnelles de « La Sultana tours » sur le réseau WhatsApp.
Placé en garde à vue début juillet, le dirigeant de cette société avait été placé depuis en détention provisoire. Lors de l’audience, jeudi, le Syrien a reconnu une « activité professionnelle d’agent de voyage »,
affirmant être « un citoyen qui a essayé d’aider ses compatriotes ».
Assisté d’un interprète, il s’est excusé à plusieurs reprises, assurant ignorer qu’il enfreignait la loi. Installé au Venezuela depuis ses 21 ans pour y suivre des études de droit, il avait ensuite vécu au Brésil avant d’arriver à Épinal pour rejoindre son épouse. « Cet homme a fait passer entre 400 et 500 migrants en France entre 2021 et 2025, ce qui représente tout de même entre 10 et 15% de l’immigration en France »,
a précisé le ministère public, représenté par Jean-Emmanuel Besset. Certains de ces candidats à l’exil ont été entendus au cours de l’enquête, et ont confirmé avoir eu recours au réseau de ce trentenaire pour rejoindre la France.

