La cérémonie d’hommage national à Edgar Morin s’est déroulée le mercredi 3 juin à l’hôtel des Invalides, site emblématique situé au cours de Paris, en présence de son épouse, la philosophe marocaine Sabah Abouessalam, et de nombre de personnalités du monde politique et intellectuel français. L’ancien président François Hollande, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs de ses prédécesseurs étaient présents. Le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch était aussi présent.
Emmanuel Macron a salué « l’enfant de Ménilmontant », quartier populaire de Paris, d’un « enseignement laïc », « vibrant de son identité de Français juif, traqué, opprimé », résistant face à l’occupant nazi et adepte de la « pensée complexe ». « Pour comprendre comment la barbarie fut enfantée par la civilisation (…) après la guerre, Edgar Morin, encore soldat, s’établit un temps en Allemagne » et en « tira un livre à rebours de l’époque pour défendre l’idée de l’Allemagne qu’il aimait, l’idée de l’Europe qu’il aimait et ses idées dont il espérait la renaissance », a rappelé le président français.
À lire aussiMort d’Edgar Morin: les hommage affluent pour saluer la mémoire d’une figure intellectuelle majeure
« C’est un destin exceptionnel dans le siècle », « un humaniste planétaire certes, mais irréductiblement français toujours pour ses combats de liberté (..) d’égalité, d’émancipation, de fraternité aussi avec tous les peuples privés de leurs droits », a lancé le chef de l’État devant un portrait du philosophe, arborant son éternel chapeau, qui avait été posé sur son cercueil. « Pour lui, la vérité ne résultait jamais d’un seul camp, d’un seul dogme. L’engagement ne pouvait être l’embrigadement et l’avenir était promis au chaos si l’on cédait à l’accablement ou à l’inaction », a-t-il ajouté. « Cette énergie française, généreuse, ambitieuse, universelle, va continuer de renaître », a-t-il assuré.
Figure majeure de la vie intellectuelle et médiatique française, voix respectée à gauche, véritable star en Amérique Latine, Edgar Morin a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits. Dans Autocritique (1959), le philosophe relate son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme. « Il avait appris à penser contre les apparences, contre les écoles, parfois contre lui-même », a ainsi dit M. Macron. Docteur honoris causa de 38 universités étrangères, Edgar Morin a écrit une quarantaine d’ouvrages. À la fois historien, philosophe et scientifique, il a tenté de briser les frontières entre les disciplines, refusant la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire.
À lire aussiSociologue, philosophe et résistant, Edgar Morin est mort à l’âge de 104 ans











