« Pour les personnes aveugles, qui ne peuvent pas faire leurs courses seules dans un magasin, Internet représentait une opportunité d’être autonome, sous réserve que les sites soient accessibles. » Or seuls 3 % des sites marchands le sont, déplore Pierre Marragou, président de l’association Accompagner, promouvoir, intégrer les déficients visuels (ApiDV). Avec l’association Droit pluriel, qui défend l’accès à la justice des personnes en situation de handicap, elle a assigné en référé quatre enseignes de commerce alimentaire – Auchan, Carrefour, Leclerc et Picard – pour non-accessibilité de leur site ou de leur application mobile. Deux audiences prévues en janvier, concernant Auchan, au tribunal judiciaire de Lille, et Picard, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), ont fait l’objet de reports. La prochaine, à l’encontre du groupe Leclerc, est prévue – sauf report – mercredi 5 février au tribunal judiciaire de Créteil.
« On a choisi ces quatre entreprises qui étaient leaders dans ce secteur, et particulièrement en défaut, explique Erwan Robbe, juriste au sein du collectif Intérêt à agir, qui soutient les deux associations dans cette action. Les entreprises comme Carrefour ou Leclerc clament des conformités à 70 %, mais ça ne suffit pas : si on demande à un constructeur de faire un escalier et qu’il s’arrête à la septième marche, [son bâtiment] n’est pas du tout accessible. »
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