Cette consultation et son résultat constituent une étape cruciale pour la Guinée-Bissau, dirigée par une junte depuis le 26 novembre 2025 et le renversement du président sortant Umaro Sissoco Embalo et la suspension du processus électoral – les militaires au pouvoir sont censés organiser le retour au pouvoir des civils début décembre.
Les résultats définitifs doivent être annoncés dans les prochains jours par la Cour suprême, laquelle n’a, à ce stade, été saisie d’aucun recours. Lors d’un point de presse à Bissau, la présidente de la Commission nationale électorale, Carmen Izaura Lobo, a qualifié le référendum de « succès », grâce au « professionnalisme » des commissions régionales et des agents déployés dans les bureaux de vote. Elle s’est également félicitée de la « transparence » et de la « crédibilité » du processus référendaire, que certains observateurs ont toutefois décrit comme peu couru.
Des pouvoirs renforcés pour le président
Le scrutin précède de quelques mois les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour au pouvoir des civils, dans un climat politique tendu. L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, notamment le PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance en 1974. Il a dénoncé l’organisation d’un référendum « dans un contexte de restriction des libertés publiques ».
Le projet de nouvelle Constitution vise principalement à remplacer le système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Il accorde au chef de l’État le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement.
Une partie de la classe politique et de la société civile conteste cette réforme. « Le système présidentialiste que la junte veut imposer va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Cela est dangereux pour notre démocratie », avait récemment déclaré Abubacar Ture, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains.
L’objectif affiché par les autorités de transition est de stabiliser les institutions avant l’élection présidentielle, en évitant les conflits entre la présidence et la Primature qui ont miné la stabilité du pays par le passé.
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