mercredi, août 5

Avec notre correspondant à Conakry, Tangi Bihan

Pour rappel, le 28 septembre 2009, l’armée avait ouvert le feu sur des manifestants pacifiques en meeting dans un stade, faisant plus de 150 morts, et une centaine de femmes violées sur place. L’acquittement de Bienvenu Lamah était un premier choc pour les victimes du massacre, sa promotion en est un second. « Ça a été la douche froide quand j’ai vu ce communiqué passer à la télévision nationale », indique l’une d’elles.

Une source proche du dossier s’inquiète d’ailleurs pour la sécurité des victimes et des témoins intervenus dans le procès, maintenant que Bienvenu Lamah revient en force dans la hiérarchie militaire. L’autre interrogation est la suivante : est-ce que le désormais général Bienvenu Lamah subira un nouveau procès ? Les parties civiles ont en effet rejeté la décision du tribunal de l’acquitter en première instance et avaient annoncé faire appel.

Or, « ce procès du 28 septembre ne paraît plus être une priorité pour les autorités », estime notre source. La Fédération internationale pour les droits humains a même récemment indiqué n’avoir « aucune visibilité » sur la suite de la procédure dans cette affaire.

La grâce du principal accusé Moussa Dadis Camara l’an dernier, la mort en détention de Claude Pivi et de Toumba Diakité, aujourd’hui la promotion de Bienvenu Lamah, sont autant de faits qui nourrissent le pessimisme des victimes.

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