Les garanties de sécurité que les pays, essentiellement européens, de la coalition prévoient d’apporter avec le soutien américain après une hypothétique fin des hostilités sont « la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine » de la part de la Russie, a assuré le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion.
Les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie, mais dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, a déclaré Friedrich Merz, présent à la réunion. « L’Allemagne s’engagera sur les plans politique, financier et militaire. Cela peut inclure par exemple l’envoi de forces pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’Otan après un cessez-le-feu », a dit le chancelier allemand.
Une fois un accord trouvé sur la mise en place d’une force internationale « soutenue » par des moyens militaires américains, le gouvernement et le Parlement « décideront de la nature et de l’étendue de la contribution allemande », a-t-il déclaré, ajoutant que pour l’instant, Berlin « n’excluait aucune option ».
« Nous devrons sûrement faire des compromis » pour atteindre la paix en Ukraine, a averti le chancelier allemand Friedrich Merz. « Nous ferons tout notre possible, avec ténacité, réalisme et clairvoyance, pour parvenir au meilleur résultat possible, à savoir un cessez-le-feu stable, une garantie de sécurité solide et une paix en Europe qui lie étroitement l’Ukraine et les Européens et que nous construirons ensemble », a-t-il ajouté.
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L’Italie exclut l’envoi de ses troupes au sol
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré mardi avoir informé les alliés européens de l’Ukraine et les envoyés américains qu’elle excluait l’envoi de troupes italiennes au sol dans le cadre de garanties de sécurité apportées à Kiev une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie.
« En réaffirmant le soutien de l’Italie à la sécurité de l’Ukraine, conformément à ce qui a toujours été fait, la présidente [du conseil] Meloni a rappelé certains points clefs de la position du gouvernement italien sur la question des garanties, en particulier l’exclusion de l’emploi de troupes italiennes au sol », a indiqué son bureau dans un communiqué.
La dirigeante d’extrême droite soutient résolument l’Ukraine, mais a répété à de nombreuses reprises que Rome n’enverrait pas de troupes pour défendre un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie. Giorgia Meloni, qui a qualifié la réunion de « constructive et concrète », a déclaré que les garanties feraient partie d’un « ensemble d’accords plus vaste. »
Les garanties seraient adoptées en coordination avec les États-Unis « afin de garantir la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, notamment grâce à un mécanisme efficace et global pour surveiller le cessez-le-feu et renforcer les forces militaires de l’Ukraine », a-t-elle indiqué selon le communiqué.
Des garanties de sécurité saluées par les États-Unis et par l’Ukraine
Les garanties pour la sécurité future de l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie, ont été en « grande partie finalisées » et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, « ce sera définitivement », a salué l’émissaire de Donald Trump Steve Witkoff.
Ces garanties ont été validées dans une déclaration des 35 pays de la « Coalition des volontaires » réunis à Paris avec le soutien des États-Unis. « Cela ne signifie pas que nous allons aboutir à la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui », a estimé Jared Kushner, le gendre du président américain, lors d’une conférence de presse commune à l’issue du sommet de la Coalition.
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté salué l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine, à l’issue d’une réunion à Paris des pays soutenant Kiev. « Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles », a déclaré M. Zelensky lors d’une conférence de presse, se félicitant de « contenu concret » démontrant une détermination à « œuvrer pour une sécurité réelle ».
« Il a été déterminé quels pays sont prêts à prendre la tête des éléments de garantie de sécurité sur terre, dans les airs, en mer et dans la reconstruction » de l’Ukraine, a poursuivi le président de l’Ukraine. Selon lui, il s’agit aussi de déterminer comment « la force et la taille appropriées de l’armée ukrainienne seront soutenues et financées » par les alliés de Kiev.
Il a aussi fait état de « progrès significatifs » avec les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, avec qui sont discutées des garanties de sécurité bilatérales, en plus de celles collectives, ainsi que des mécanismes de surveillance des « violations de la paix » en cas d’accord avec Moscou. Selon Volodymyr Zelensky, les garanties de sécurité offertes à l’Ukraine doivent être « fondées sur des obligations juridiques ». Il a qualifié le résultat du sommet de Paris de « grand pas en avant » tout en assurant que « ce n’est pas suffisant, pas encore ».








