Il s’agit de la première action concrète prise par le gouvernement américain depuis l’annonce en début de semaine, par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, de la volonté de couper Téhéran de « toutes les ressources économiques » afin de conduire l’Iran à « l’isolement total ».
Concrètement, cela devrait empêcher la filiale émiratie de Misr, qui est la deuxième plus grande banque égyptienne, d’utiliser le dollar dans ses transactions quotidiennes.
La décision intervient alors que Washington a renforcé ses sanctions contre l’Iran, en y ajoutant notamment des secteurs tels que l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.
« Nous avons prévenu que ceux qui faciliteraient les choses pour l’Iran ne peuvent pas continuer à profiter de l’accès au dollar et au système financier mondial. La Banque Misr EAU [Émirats arabes unis, NDLR] a choisi de le découvrir dans la douleur et aujourd’hui nous prenons la première décision visant à la tenir pour responsable de son soutien continu au régime iranien », a déclaré Scott Bessent dans un communiqué.
Le sujet de la pression économique sur l’Iran sera par ailleurs au menu du prochain sommet du G20, qui aura lieu à Miami mi-décembre 2025. La première d’une série de réunions sur le sol américain se tiendra lundi 31 août et mardi 1er septembre à Asheville (Caroline du Nord), dans un grand complexe hôtelier au pied des Appalaches. Jeudi, un responsable du Trésor a indiqué à la presse que Scott Bessent allait marteler son message contre l’Iran lors de chacun des entretiens bilatéraux à Asheville.
À lire aussiIran: «Plus le régime s’appauvrit, plus il devient sanglant et répressif»
Le président iranien reconnaît « de nombreuses difficultés économiques »
Bien que la République islamique ait dénoncé des politiques « vouées à l’échec », et assuré que les États-Unis n’obtiendront « rien » avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a lui-même reconnu que son pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques ».
Au cœur du conflit, le stratégique détroit d’Ormuz est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois. Le blocage de ce détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d’un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit.
À lire aussi«Tous les prix ont doublé»: les Iraniens face à la crise économique provoquée par la guerre et les sanctions américaines

