- Le conflit au Moyen-Orient engendre d’importantes perturbations sur les exportations de gaz et d’hydrocarbures vers l’Europe.
- Dans ce contexte, le secteur juge « crucial » de remplir « le plus tôt possible » les stocks de gaz en Europe en vue de l’hiver prochain.
- Les importations en gaz naturel liquéfié (GNL) devront être intensifiées.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
L’hiver vient de se terminer… mais il est déjà l’heure d’anticiper le suivant. La guerre au Moyen-Orient, partiellement interrompue par un cessez-le-feu fragile conclu entre les États-Unis et l’Iran en début de semaine, engendre d’importantes répercussions sur la sécurité énergétique de l’Europe. Dans ce contexte, l’ENTSOG, l’organisation européenne des gestionnaires de réseaux de transport de gaz, fait part, ce jeudi 9 avril, du besoin « crucial »
de remplir les stocks de gaz en Europe « le plus tôt possible »
en préparation de l’hiver prochain.
« Un niveau de stockage bien plus bas que ces dernières années »
Parmi les préoccupations de l’organisation ? Des réserves européennes de gaz moins importantes en ce mois d’avril que lors des trois précédentes années. « L’Europe aborde la saison d’injection estivale avec un niveau de stockage bien plus bas que ces dernières années, à un moment où les marchés et l’offre énergétiques mondiaux sont sous pression »
, développe Piotr Kuś, directeur général de l’ENTSOG, cité par l’AFP. Pour pallier ce manque, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) devront être intensifiées lors des prochains mois afin de reconstituer des stocks suffisants pour affronter l’hiver 2026-2027.
Problème : si les négociations américano-iraniennes n’aboutissaient pas et que Téhéran décidait de rebloquer totalement le détroit d’Ormuz, les exportations de GNL vers l’Europe pourraient être de nouveau perturbées. Ce point de passage maritime concentre en effet habituellement 20% du transit mondial de cette ressource. Indispensable, au vu de cette incertitude, d’anticiper au maximum le remplissage des réserves de gaz du Vieux Continent. L’ENTSOG exhorte les 25 pays européens membres de son réseau à agir dans ce sens « dès avril »
et à poursuivre cet effort « jusqu’à novembre »
.
Au sein de l’Union européenne, les pays sont tenus d’avoir des stocks remplis à 90% à l’entrée de l’hiver. Néanmoins, des mesures du Conseil de l’UE adoptées l’été dernier offrent une flexibilité sur le calendrier et le volume exigés aux différentes capitales européennes. Ainsi, contrairement à l’échéance précédente fixée au 1ᵉʳ novembre, les États membres peuvent atteindre cet objectif à tout moment entre le 1ᵉʳ octobre et le 1ᵉʳ décembre. Une flexibilité de 10% a également été introduite pour faire face à des conditions de remplissage difficiles.











